Alors Dieu se souvint de Noé et de tous les animaux sauvages et domestiques qui étaient avec lui dans l’arche Dieu fit passer un souffle sur la terre et les eaux se calmèrent
Rachi (5)
Eloqim se souvint. Il est écrit ici Eloqim, qui est le nom de Dieu lorsqu’Il exerce la stricte justice. Celle-ci est transformée en miséricorde grâce à la prière des justes. La miséricorde, en revanche, cède la place à la stricte justice sous l’influence de la méchanceté des scélérats, ainsi qu’il est écrit : « Hachem vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre » et : « Et Hachem dit : j’effacerai l’homme » (supra 6, 5 et 7), où pourtant le texte emploie le nom du Dieu de miséricorde (Beréchith raba 33, 3).
Eloqim se souvint de Noa‘h.... En quoi s’est-Il souvenu des animaux ? Du mérite qu’ils se sont acquis en n’ayant pas « corrompu leur voie » avant le déluge et en s’abstenant de rapports sexuels dans l’arche (Midrach tan‘houma 58, 11).
Eloqim fit passer un souffle. Un souffle de consolation et d’apaisement passa devant lui.
Sur la terre. A cause de ce qui se passait sur la terre.
Les eaux s’apaisèrent. Comme dans : « quand la colère du roi se fut apaisée » (Esther 2, 1). Cela signifie un retour à la sérénité après une colère.
Les sources de l'Abîme et les cataractes célestes se refermèrent et la pluie ne s'échappa plus du ciel
Rachi (2)
Se refermèrent les sources. Lorsqu’elles s’étaient ouvertes, le texte avait spécifié : « “toutes” les sources » (supra 7, 11), alors qu’ici ne figure pas le mot « toutes ». Sont restées celles qui sont nécessaires au monde, comme les eaux chaudes de Tibériade, et d’autres similaires (Beréchith raba 33), [l’eau du déluge ayant été brûlante (Sanhèdrin 108a)].
La pluie fut retenue (wayikalé). Elle fut retenue, comme dans : « ne retiens pas (lo tikhla), Hachem ta miséricorde » (Tehilim 40, 12), ou dans : « nul d’entre nous ne te refusera (lo yikhlè) sa tombe » (infra 23, 6).
Les eaux se retirèrent de dessus la terre se retirèrent par degrés elles avaient commencé à diminuer au bout de cent cinquante jours
Rachi (1)
Au bout de cent cinquante jours. Elles commencèrent à diminuer. C’était le 1er siwan (Séder ‘olam, 4). Comment cela ? Les pluies avaient cessé de tomber le 27 kisléw. Il reste donc trois jours pour finir kisléw, plus les vingt-neuf jours de tévèth, ce qui fait trente-deux jours. Les quatre mois suivants : chevat, adar, nissan et iyar totalisent cent dix-huit jours, d’où un total de cent cinquante jours.
Le septième mois le dix septième jour du mois l'arche s'arrêta sur les monts Ararat
Rachi (2)
Le septième mois. C’était en siwan, septième mois à partir de kisléw où les eaux avaient cessé de tomber.
Le dix-septième jour. D’où l’on apprend que l’arche était enfoncée de onze coudées au-dessous du niveau des eaux. Il est écrit, en effet : « le premier jour du dixième mois apparurent les cimes des montagnes » (verset 5). C’était le mois de av, qui est le dixième mois à compter de ‘hechwan pendant lequel les pluies ont commencé de tomber. Or, les eaux s’étaient élevées de quinze coudées au-dessus du niveau des montagnes. Elles ont donc diminué de quinze coudées en soixante jours, du 1er siwan jusqu’au 1er av, soit une coudée en quatre jours. Le 16 siwan, elles n’avaient baissé que de quatre coudées, et l’arche s’est arrêtée le lendemain 17. Son tirant d’eau était donc de onze coudées.
Les eaux allèrent toujours décroissant jusqu'au dixième mois le premier jour du dixième mois apparurent les cimes des montagnes
Rachi (1)
Du dixième mois apparurent les cimes des montagnes. C’était le mois de av, qui est le dixième mois à compter de ‘hechwan pendant lequel les pluies ont commencé de tomber. Et si tu dis que c’est eloul, en tant que dixième mois après kisléw où la pluie s’est arrêtée, de la même manière que le septième mois, siwan, était le septième mois après la fin des pluies (verset 4), cela n’est pas soutenable. Car on ne peut compter le septième mois qu’à partir de la fin des pluies. En effet, les quarante jours de pluies et les cent cinquante jours de grossissement des eaux ne se seraient pas achevés le 1er siwan. Et si tu soutiens que c’est le septième mois à partir du commencement des pluies, ce ne serait pas siwan. Quant au dixième mois, on ne peut le compter qu’à partir du commencement des pluies. Car si tu devais le faire à partir de l’arrêt des pluies et dire que c’est eloul, tu n’arriverais pas à dire que « au premier mois, le premier jour du mois, les eaux furent séchées de dessus la terre » (verset 13). En effet, quarante jours après que les sommets des montagnes furent apparus, Noa‘h envoya le corbeau. Il a attendu vingt et un jours pour envoyer la colombe, ce qui donne soixante jours depuis l’apparition du sommet des montagnes jusqu’à l’assèchement total de la surface de la terre. Or, si tu dis que c’est en eloul que sont apparus les sommets des montagnes, la terre se serait asséchée en ‘hechwan. Or, la Tora l’appelle le premier mois. Et le premier mois ne peut être autre que tichrei, comme premier mois après la création du monde, ou nissan, selon l’opinion de rabi Yehochou‘a.
Il lâcha le corbeau qui partit allant et revenant jusqu'à ce que les eaux eussent laissé la terre à sec
Rachi (2)
Allant et revenant. Le corbeau ne cessait de tournoyer autour de l’arche et n’accomplissait pas sa mission, parce qu’il suspectait sa compagne, ainsi que nous le trouvons au dernier chapitre du traité Sanhèdrin (108b).
Jusqu’à ce que les eaux eussent séché de dessus la terre. Le sens littéral est simple, mais le midrach explique comme suit : Le corbeau [allait et revenait dans le monde] comme ayant été mis en réserve pour une autre mission lors d’un autre assèchement des eaux, à l’époque du prophète Eliyahou, ainsi qu’il est écrit : « les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande » (I Melakhim 17, 6, Beréchith raba 33, 5).
Puis il lâcha la colombe pour voir si les eaux avaient baissé sur la face du sol
Rachi (2)
Il renvoya la colombe de chez lui. Au bout de sept jours, puisqu’il est écrit : « il attendit encore sept autres jours » (verset 10). C’est donc que la première fois aussi, il avait attendu sept jours.
Il renvoya. Le mot ne signifie pas ici qu’il l’a envoyée en mission, mais qu’il l’a renvoyée. Il voulait la lâcher pour de bon, et voir ainsi si les eaux avaient diminué. Dans le cas où elle aurait trouvé un point d’appui, elle ne serait pas revenue.
Mais la colombe ne trouva pas de point d'appui pour la plante de ses pieds et elle revint vers lui dans l'arche parce que l'eau couvrait encore la surface de la terre Il étendit la main la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche
La colombe revint vers lui sur le soir tenant dans son bec une feuille d'olivier fraîche Noé jugea que les eaux avaient baissé sur la terre
Rachi (2)
Dans son bec... arrachée. Taraf (« tenant ») est au masculin, tandis que befiha (« dans son bec ») est au féminin. Je prétends que c’était un mâle, et que c’est la raison pour laquelle le texte emploie alternativement le masculin et le féminin. Car le mot yona (« colombe ») est du genre féminin, comme dans : « ses yeux sont comme des colombes sur le bord des cours d’eau. Elles baignent (ro‘hatsoth, au féminin) dans le lait » (Chir hachirim 5, 12), ou dans : « comme les colombes des vallées, toutes gémissantes (hagguéayoth) » (Ye‘hezqel 7, 16), ou dans : « Efrayim est devenu comme une colombe étourdie (fotha) » (Hoché‘a 7, 11).
Arrachée. Taraf veut dire : « elle avait saisi ». Mais pour le midrach, ce mot désigne la nourriture de la colombe. Quant au mot befiha (« dans son bec »), le midrach l’interprète comme une parole prononcée par la colombe : « Que ma nourriture soit aussi amère que l’olive, du moment qu’elle me vient de ta main, plutôt que douce comme le miel, mais venant de la main d’un être de chair et de sang ! » (‘Erouvin 18b, Beréchith raba 33).
Ayant attendu sept autres jours encore il fit partir la colombe qui ne revint plus auprès de lui
Rachi (1)
Il attendit. Wayiya‘hél (« il attendit ») a ici le même sens que waya‘hèl au verset 10, sauf que le texte emploie ici le hithpa’él et là-bas le qal. Waya‘hèl peut se traduire par « il attendit », et wayiya‘hél par « il prit patience ».
Ce fut dans la six cent unième année au premier mois le premier jour du mois que les eaux laissèrent la terre à sec Noé écarta le plafond de l'arche et vit que la surface du sol était desséchée
Rachi (2)
Au premier mois. Pour rabi Eli’èzer, c’était en ‘hechwan. Pour rabi Yehochou‘a, c’était en iyar (Roch haChana 11b).
La surface du sol était sèche. Il y avait comme de la boue formant une croûte à la surface des eaux (Beréchith raba 33, 7).
Et au deuxième mois le vingt septième jour du mois la terre était sèche
Rachi (2)
Le vingt-septième jour. Les pluies avaient commencé de tomber le deuxième mois, le dix-septième jour du mois (supra 7, 11). Les dix-sept jours d’écart correspondent à la différence entre l’année solaire et l’année lunaire, la génération du déluge ayant été condamnée à subir un cataclysme d’une année entière (Séder ‘olam 4, Beréchith raba 28, 9 et 33, 7).
La terre était sèche. Elle était redevenue aride, selon son état habituel (ibid.).
Tout être vivant de toute espèce qui est avec toi volatile quadrupède reptile se traînant sur la terre fais les sortir avec toi qu'ils foisonnent dans la terre qu'ils croissent et multiplient sur la terre!"
Rachi (2)
Fais sortir. Le mot est écrit hotsé, et lu hayetsé, qui veut dire : « dis-leur de sortir » Hotsé signifie : « s’ils ne veulent pas sortir, fais-les sortir toi-même » (Beréchith raba 34, 8).
Qu’ils foisonnent de par la terre. Mais pas dans l’arche. Ce qui nous apprend que les rapports sexuels étaient interdits même aux animaux et aux oiseaux.
Noé érigea un autel à l'Éternel il prit de tous les quadrupèdes purs de tous les oiseaux purs et les offrit en holocauste sur l'autel
Rachi (1)
De tout animal pur. Noa‘h s’est dit : Si le Saint béni soit-Il m’a ordonné de faire entrer certaines bêtes par sept, ce ne peut être que pour en offrir en sacrifice (Beréchith raba 34, 9).
L'Éternel aspira la délectable odeur et il dit en lui même "Désormais je ne maudirai plus la terre à cause de l'homme car les conceptions du cœur de l'homme sont mauvaises dès son enfance désormais je ne frapperai plus tous les vivants comme je l'ai fait
Rachi (2)
Dès son enfance. Le mot minnne’ouraw est écrit mine’araw, sans waw. Dès qu’il commence à se mouvoir (michénin’ar) pour sortir du ventre de sa mère, il accueille en lui le penchant au mal (Beréchith raba 34, 10, Yerouchalmi Berakhoth 3, 5).
Je ne recommencerai plus..., je ne recommencerai plus.... Deux fois. C’est un mode de serment, ainsi qu’il est écrit : « De même que j’ai juré que le déluge de Noa‘h ne désolerait plus la terre... » (Yecha’ya 54, 9). Mais nous n’avons trouvé aucun serment ! C’est cette répétition qui constitue un serment, comme expliqué par les sages dans la guemara (Chevou‘oth 36a).
Plus jamais tant que durera la terre semailles et récolte froidure et chaleur été et hiver jour et nuit ne seront interrompus "
Rachi (8)
Désormais, tant que seront les jours de la terre... ne cesseront pas. Six saisons, à raison de deux mois chacune. La michna explique : La seconde moitié de tichrei, ‘hechwan, et la première moitié de kisléw, c’est le temps des semailles. La seconde moitié de kisléw, tévèth et la première partie de chevat, c’est le temps du froid... (Baba Metsi‘a 106b).
Froidure. Plus rude que l’hiver.
Hiver. C’est l’époque où l’on sème orges et légumes secs qui parviennent rapidement à maturité. C’est la seconde moitié de chevat, adar, et la première moitié de nissan.
Récolte. C’est la seconde moitié de nissan, iyar et la première moitié de siwan.
Eté (qayits). C’est la seconde moitié de siwan, tamouz et la première moitié de av. On y récolte les figues et on les laisse sécher dans les champs. Les figues sèches s’appellent qayits, comme dans : « le pain et les figues sèches (qayits) sont destinés à la nourriture des serviteurs » (II Chemouel 16, 2).
Et chaleur. C’est la fin de la saison chaude : la seconde moitié de av, eloul et la première moitié de tichrei. C’est le moment où il fait le plus chaud dans le monde, ainsi que nous l’avons appris dans la guemara (Yoma 29a) : « La fin de l’été est plus pénible que l’été lui-même ».
Jour et nuit ne cesseront pas. C’est donc qu’ils avaient cessé pendant le déluge. Les planètes avaient suspendu leur service, et l’on ne distinguait plus entre le jour et la nuit (Beréchith raba 34, 11).
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