Or Dina la fille que Léa avait enfantée à Jacob sortit pour faire connaissance avec les filles du pays
Rachi (1)
La fille de Léa. Et non la fille de Ya‘aqov ! Si on l’appelle ici « la fille de Léa », c’est à cause de sa « sortie ». Car Léa aussi avait l’habitude de sortir, ainsi qu’il est écrit (supra 30, 16): « Léa sortit à sa rencontre » (Beréchith raba 80, 1). D’où le proverbe : Telle mère, telle fille !
Puis son cœur s'attacha à Dina fille de Jacob il aima la jeune fille et il parla à son cœur
Rachi (1)
Au cœur de la jeune fille. Par des paroles allant droit au cœur (Beréchith raba 80, 7) : « Vois la somme que ton père a dû dépenser pour l’achat d’une petite parcelle de terre ! Moi, je vais t’épouser, de sorte que la ville et tous les champs qui l’entourent seront à toi ! »
Mais les enfants de Jacob étaient revenus des champs à cette nouvelle et ces hommes étaient consternés et leur indignation était grande car une flétrissure avait eu lieu en Israël par le viol de la fille de Jacob et ce n'est pas ainsi qu'on devait agir
Rachi (1)
Et on ne devait pas agir ainsi. En faisant violence aux jeunes filles. Instruites par le déluge, les nations idolâtres s’étaient interdit l’immoralité (Beréchith raba 80, 6).
Les fils de Jacob usèrent de ruse en répondant à Sichem et à Hamor son père parce qu'on avait souillé Dina leur sœur
Rachi (2)
Avec ruse. Avec habileté (traduction du Targoum).
Il avait déshonoré. Le texte indique par là que le déshonneur infligé à leur sœur n’était pas le résultat d’une ruse, [et que ces derniers mots n’ont donc pas été prononcés par les fils de Ya‘aqov, dont ce n’était pas la préoccupation première].
Ils leur dirent "Nous ne saurions agir ainsi donner notre sœur à un homme incirconcis ce serait un déshonneur pour nous
Rachi (1)
Car ce serait une honte. C’est chez nous une tare. Quand on veut injurier quelqu’un, on le traite d’incirconcis, ou de fils d’incirconcis. Le mot ‘hèrpa (« honte ») marque toujours quelque chose d’infamant.
Toutefois à ce prix nous serons d'accord avec vous si vous devenez comme nous en circoncisant tout mâle d'entre vous
Rachi (2)
Nous serons d’accord avec vous (néoth). Nous vous donnerons notre consentement, comme dans : « les kohanim ont donné leur accord (wayéothou) » (II Melakhim 12, 9), [la racine du mot étant par conséquent oth, et la lettre noun ne constituant qu’un préfixe].
En circoncisant. « En étant circoncis », le verbe étant à la forme passive, et non active.
Alors nous vous donnerons nos filles et nous accepterons les vôtres pour nous nous habiterons avec vous et nous formerons un seul peuple
Rachi (2)
Nous donnerons (wenathannou). Avec un daguéch dans le second noun, car il en vaut deux : ounethanenou (voir Rachi supra 33, 12).
Et vos filles, nous les prendrons pour nous. On constatera, en comparant les conditions stipulées par ‘Hamor au profit de Ya‘aqov (verset 9) et celles qui figurent dans la réponse faite par les fils de Ya‘aqov, c’est à ceux-ci que revient l’avantage : ils prendront les filles de Chekhem qu’ils voudront s’attribuer, et ils ne donneront leurs propres filles qu’à leur guise. C’est ainsi qu’il est écrit ici : « nous vous donnerons nos filles » – à notre guise – « et vos filles, nous les prendrons pour nous » – comme nous le voudrons. En revanche, lorsque ‘Hamor et son fils Chekhem parleront aux habitants de la ville (verset 21), ils inverseront leur proposition : « nous prendrons leurs filles pour nous pour femmes, et nos filles nous les leur donnerons », et ce afin d’obtenir leur consentement à la circoncision.
Et le jeune homme n'hésita point à effectuer la chose épris qu'il était de la fille de Jacob d'ailleurs il était considéré entre tous dans la maison de son père
"Ces hommes sont de bonne foi avec nous qu'ils résident dans le pays et qu'ils l'exploitent le pays est assez vaste pour les admettre nous prendrons leurs filles pour épouses et nous leur accorderons les nôtres
Rachi (2)
Pacifiques (chelémim). A la fois en paix (chalom) et d’un cœur entier (chalém).
Le pays est assez vaste. Littéralement : « large de mains », comme celui dont la main est généreuse et largement ouverte. L’idée que veut rendre l’expression est : « Vous ne perdrez rien s’ils s’installent et s’ils commercent dans ce pays, car on y trouve beaucoup de marchandises et peu d’acheteurs. »
Pourtant à une condition ces hommes consentent à demeurer avec nous pour former un même peuple c'est que tout mâle parmi nous soit circoncis comme ils le sont eux mêmes
Leurs troupeaux leurs possessions tout leur bétail n'est il pas vrai seront à nous Accédons seulement à leur désir et ils demeureront avec nous "
Rachi (1)
Accordons-leur seulement. Ce qu’ils réclament sur ce point, et alors ils demeureront avec nous. [Non pas : « consentons à ce qu’ils s’installent parmi nous », mais : « soyons d’accord » avec ce qu’ils réclament, et ils accepteront alors de s’installer chez nous.]
Or le troisième jour comme ils étaient souffrants deux des fils de Jacob Siméon et Lévi frères de Dina prirent chacun leur épée marchèrent sur la ville avec assurance et tuèrent tous les mâles
Rachi (3)
Deux fils de Ya‘aqov. Ils étaient ses fils, mais ils ont agi, étant donné qu’ils ne l’ont pas consulté, comme l’aurait fait n’importe quel homme appelé Chim‘on ou Léwi qui n’aurait pas été son fils (Beréchith raba 80, 10).
Frères de Dina. Etat donné qu’ils ont risqué leurs vies pour elle, ils sont appelés ici « ses frères » (ibid.).
En confiance. Etant donné qu’ils étaient souffrants. Explication du midrach : ils avaient confiance en la force [c’est-à-dire les mérites] du vieillard [Ya‘aqov] (ibid.).
Tous leurs biens tous leurs enfants et leurs femmes ils les emmenèrent et les dépouillèrent avec tout ce qui était dans les maisons
Rachi (2)
Leurs biens (‘hélam). Leur argent, comme dans : « qui m’a valu cette richesse (‘hayil) » (Devarim 8, 17), « et Israël fait triomphe (‘hayil) » (Bamidbar 24, 18), « ils abandonnèrent à d’autres leurs biens (‘hélam) » (Tehilim 49, 11).
Ils les capturèrent (chavou). Du verbe chavo (« emmener en captivité »). C’est pourquoi l’accent tonique est mis sur la dernière syllabe.
Jacob dit à Siméon et à Lévi "Vous m'avez rendu malheureux en me mettant en mauvaise odeur chez les habitants du pays le Cananéen et le Phérézéen moi je suis une poignée d'hommes ils se réuniront contre moi et me frapperont et je serai exterminé avec ma famille "
Rachi (2)
Vous m’avez troublé (‘akhartèm). Même terme que dans l’expression talmudique : « des eaux troubles (‘akhourin) » (Berakhoth 25b). Mon esprit a perdu sa clarté. Selon une hagada, il a voulu leur dire : « Le fût était clair et vous l’avez troublé ! » (Beréchith raba 80). Les Kena‘anis savaient par tradition qu’ils tomberaient un jour entre les mains des descendants de Ya‘aqov, mais ils pensaient que cela n’arriverait qu’une fois remplie la condition stipulée dans le verset : « jusqu’à ce que, devenu nombreux, tu puisses occuper le pays » (Chemoth 23, 30). Voilà pourquoi ils s’étaient tenus tranquilles jusqu’à ce moment-là.
Ils répondirent "Devait on traiter notre sœur comme une prostituée?"
Rachi (2)
Telle une prostituée. A la disposition de tous (Beréchith raba 80,12).
Notre sœur. A l’accusatif, [ainsi que le rend le Targoum. La préposition eth ne veut donc pas dire : « avec », mais elle introduit un complément d’objet].
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