KOULAM Télécharger l’app

Beréchith (Genèse) — chapitre 29

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַיִּשָּׂ֥א יַֽעֲקֹ֖ב רַגְלָ֑יו וַיֵּ֖לֶךְ אַ֥רְצָה בְנֵי־קֶֽדֶם׃

Jacob se remit en chemin et alla vers la terre des enfants de l'Orient

Rachi (1)

Ya’aqov se mit en chemin (littéralement : « souleva ses pieds »). Lorsqu’il a reçu la bonne nouvelle qui lui annonçait la protection divine, son cœur a comme soulevé ses pieds et il lui a été facile de marcher. C’est ce que l’on explique dans Beréchith raba (70, 8).

Verset 2

וַיַּ֞רְא וְהִנֵּ֧ה בְאֵ֣ר בַּשָּׂדֶ֗ה וְהִנֵּה־שָׁ֞ם שְׁלֹשָׁ֤ה עֶדְרֵי־צֹאן֙ רֹֽבְצִ֣ים עָלֶ֔יהָ כִּ֚י מִן־הַבְּאֵ֣ר הַהִ֔וא יַשְׁק֖וּ הָֽעֲדָרִ֑ים וְהָאֶ֥בֶן גְּדֹלָ֖ה עַל־פִּ֥י הַבְּאֵֽר׃

II vit un puits dans les champs et là trois troupeaux de menu bétail étaient couchés à l’entour car ce puits servait à abreuver les troupeaux Or la pierre sur la margelle du puits était grosse

Rachi (1)

Ils abreuvaient les troupeaux. Les bergers abreuvaient les troupeaux. Le texte s’exprime de manière elliptique.

Verset 3

וְנֶֽאֶסְפוּ־שָׁ֣מָּה כָל־הָֽעֲדָרִ֗ים וְגָֽלְל֤וּ אֶת־הָאֶ֨בֶן֙ מֵעַל֙ פִּ֣י הַבְּאֵ֔ר וְהִשְׁק֖וּ אֶת־הַצֹּ֑אן וְהֵשִׁ֧יבוּ אֶת־הָאֶ֛בֶן עַל־פִּ֥י הַבְּאֵ֖ר לִמְקֹמָֽהּ׃

Quand tous les troupeaux y étaient réunis on faisait glisser la pierre de dessus la margelle du puits et l'on abreuvait le bétail puis on replaçait la pierre sur la margelle du puits

Rachi (3)

On y réunissait. Ils avaient l’habitude de se réunir, parce que la pierre était grande.

On roulait. Le Targoum traduit par un verbe au présent : « ils roulent ». Une action au présent s’exprime parfois par un futur, parfois par un passé, car si elle se renouvelle constamment elle a été et elle sera.

Et on remettait. Le Targoum traduit par un verbe au présent : « ils remettent ».

Verset 4

וַיֹּ֤אמֶר לָהֶם֙ יַֽעֲקֹ֔ב אַחַ֖י מֵאַ֣יִן אַתֶּ֑ם וַיֹּ֣אמְר֔וּ מֵֽחָרָ֖ן אֲנָֽחְנוּ׃

Jacob leur dit "Mes frères d'où êtes vous?" Ils répondirent "Nous sommes de Haran "

Verset 5

וַיֹּ֣אמֶר לָהֶ֔ם הַיְדַעְתֶּ֖ם אֶת־לָבָ֣ן בֶּן־נָח֑וֹר וַיֹּֽאמְר֖וּ יָדָֽעְנוּ׃

II leur dit "Connaissez vous Laban fils de Nahor?" Ils répondirent "Nous le connaissons "

Verset 6

וַיֹּ֥אמֶר לָהֶ֖ם הֲשָׁל֣וֹם ל֑וֹ וַיֹּֽאמְר֣וּ שָׁל֔וֹם וְהִנֵּה֙ רָחֵ֣ל בִּתּ֔וֹ בָּאָ֖ה עִם־הַצֹּֽאן׃

Il leur dit "Est il en paix?" Et ils répondirent "En paix et voici Rachel sa fille qui vient avec son troupeau "

Rachi (1)

Vient avec le bétail. L’accent tonique est mis sur la dernière syllabe, et le Targoum traduit par un verbe au présent. Plus loin, dans : « Ra‘hel vint » (verset 9), l’accent est mis sur la première syllabe, et le Targoum traduit par un verbe au passé. Dans le premier cas, l’action est en cours, dans le second elle a déjà eu lieu.

Verset 7

וַיֹּ֗אמֶר הֵ֥ן עוֹד֙ הַיּ֣וֹם גָּד֔וֹל לֹא־עֵ֖ת הֵֽאָסֵ֣ף הַמִּקְנֶ֑ה הַשְׁק֥וּ הַצֹּ֖אן וּלְכ֥וּ רְעֽוּ׃

"Mais," reprit il "le jour est encore long il n'est pas l'heure de faire rentrer le bétail abreuvez les brebis et les menez paître "

Rachi (1)

Il est encore grand jour. Comme il avait vu que le bétail était couché, il pensait que les bergers voulaient le rassembler pour le faire rentrer, et mettre ainsi fin à leur pâture. C’est pourquoi il leur a dit : « il est encore grand jour », c’est-à-dire : « Si vous êtes rémunérés à la journée, vous n’avez pas achevé votre tâche. Et même si ces bêtes vous appartiennent, alors malgré tout, “il n’est pas temps de rassembler le bétail...” » (Beréchith raba 70, 11).

Verset 8

וַיֹּֽאמְרוּ֮ לֹ֣א נוּכַל֒ עַ֣ד אֲשֶׁ֤ר יֵאָֽסְפוּ֙ כָּל־הָ֣עֲדָרִ֔ים וְגָֽלְלוּ֙ אֶת־הָאֶ֔בֶן מֵעַ֖ל פִּ֣י הַבְּאֵ֑ר וְהִשְׁקִ֖ינוּ הַצֹּֽאן׃

Ils dirent "Nous ne saurions jusqu'à ce que tous les troupeaux soient rassemblés on déplacera alors la pierre qui couvre l'orifice du puits et nous ferons boire les brebis "

Rachi (2)

Nous ne le pourrons pas. Les abreuver, parce que la pierre est trop grande.

On roulera. [Même mot qu’au verset 3], que le Targoum traduit ici par un verbe au futur : « ils rouleront ».

Verset 9

עוֹדֶ֖נּוּ מְדַבֵּ֣ר עִמָּ֑ם וְרָחֵ֣ל ׀ בָּ֗אָה עִם־הַצֹּאן֙ אֲשֶׁ֣ר לְאָבִ֔יהָ כִּ֥י רֹעָ֖ה הִֽוא׃

Comme il s’entretenait avec eux Rachel vint avec le troupeau de son père car elle était bergère

Verset 10

וַיְהִ֡י כַּֽאֲשֶׁר֩ רָאָ֨ה יַֽעֲקֹ֜ב אֶת־רָחֵ֗ל בַּת־לָבָן֙ אֲחִ֣י אִמּ֔וֹ וְאֶת־צֹ֥אן לָבָ֖ן אֲחִ֣י אִמּ֑וֹ וַיִּגַּ֣שׁ יַֽעֲקֹ֗ב וַיָּ֤גֶל אֶת־הָאֶ֨בֶן֙ מֵעַל֙ פִּ֣י הַבְּאֵ֔ר וַיַּ֕שְׁקְ אֶת־צֹ֥אן לָבָ֖ן אֲחִ֥י אִמּֽוֹ׃

Lorsque Jacob vit Rachel fille de Laban frère de sa mère et les brebis de ce dernier il s'avança fit glisser la pierre de dessus la margelle du puits et fit boire les brebis de Laban frère de sa mère

Rachi (1)

Ya’aqov s’approcha, il roula. Comme quelqu’un qui retire le bouchon de l’ouverture d’une bouteille, cela pour te faire savoir que sa force était grande (Beréchith raba 70, 12).

Verset 11

וַיִּשַּׁ֥ק יַֽעֲקֹ֖ב לְרָחֵ֑ל וַיִּשָּׂ֥א אֶת־קֹל֖וֹ וַיֵּֽבְךְּ׃

Et Jacob embrassa Rachel et il éleva la voix en pleurant

Rachi (1)

Il pleura. Car il a su à ce moment sous l’inspiration de l’esprit saint qu’elle ne partagerait pas sa tombe [dans le caveau de Makhpéla]. Autre explication : Parce qu’il était arrivé les mains vides. Il s’est dit : « Eli’èzer, le serviteur de mon grand-père, avait apporté des anneaux, des bracelets et autres présents, et moi, je n’ai rien dans les mains ! ». Elifaz, le fils de ‘Essaw, l’avait en effet poursuivi, sur l’ordre de son père, pour le tuer, et il l’avait rattrapé. Mais comme Elifaz avait grandi « dans le giron » de Yits‘haq (Devarim raba 2, 13), il avait renoncé à son projet meurtrier. Il lui avait dit : « Comment vais-je faire pour obéir à mon père ? » Ya’aqov lui avait répondu : « Prends tout ce que je possède car, comme dit le dicton (Nedarim 64b, Beréchith raba 71, 6), “le pauvre est considéré comme mort” ».

Verset 12

וַיַּגֵּ֨ד יַֽעֲקֹ֜ב לְרָחֵ֗ל כִּ֣י אֲחִ֤י אָבִ֨יהָ֙ ה֔וּא וְכִ֥י בֶן־רִבְקָ֖ה ה֑וּא וַתָּ֖רָץ וַתַּגֵּ֥ד לְאָבִֽיהָ׃

Et Jacob apprit à Rachel qu'il était parent de son père qu'il était le fils de Rébecca Elle courut l'annoncer à son père

Rachi (2)

Qu’il était frère de son père. Un proche parent de son père, comme dans : « car nous [Avram et Lot] sommes frères » (supra 13, 8). Et selon le midrach : s’il se comporte avec ruse, je saurai moi aussi être son « frère » en ruse. Et si c’est un homme honnête, je le serai aussi, car je suis le fils de Rivqa, sa sœur, qui est une femme honnête (Baba Batra 123a, Beréchith raba 70, 13).

Le raconter à son père. Comme sa mère était morte, elle ne pouvait le raconter qu’à lui seul (Beréchith raba 70, 13).

Verset 13

וַיְהִי֩ כִשְׁמֹ֨עַ לָבָ֜ן אֶת־שֵׁ֣מַע ׀ יַֽעֲקֹ֣ב בֶּן־אֲחֹת֗וֹ וַיָּ֤רָץ לִקְרָאתוֹ֙ וַיְחַבֶּק־לוֹ֙ וַיְנַשֶּׁק־ל֔וֹ וַיְבִיאֵ֖הוּ אֶל־בֵּית֑וֹ וַיְסַפֵּ֣ר לְלָבָ֔ן אֵ֥ת כָּל־הַדְּבָרִ֖ים הָאֵֽלֶּה׃

Aussitôt que Laban eut appris l'arrivée de Jacob le fils de sa sœur il courut au devant de lui il l'embrassa le couvrit de baisers et l'emmena dans sa demeure Jacob raconta à Laban tous ces événements

Rachi (4)

Il courut à sa rencontre. Il pensait que Ya’aqov était chargé d’argent, puisque le serviteur de la maison était venu autrefois au même endroit accompagné de dix chameaux chargés de cadeaux.

Il l’étreignit. Lorsqu’il a vu qu’il n’avait rien, il s’est dit : « Peut-être a-t-il apporté des pièces d’or et les porte-t-il sur lui ? ».

Il l’embrassa. Il s’est dit : « Peut-être a-t-il apporté des pierres précieuses et les porte-t-il dans sa bouche ? ».

Il raconta à Lavan. Qu’il n’était venu que parce qu’on l’y avait forcé, étant menacé par son frère, et qu’on l’avait dépossédé de ses biens.

Verset 14

וַיֹּ֤אמֶר לוֹ֙ לָבָ֔ן אַ֛ךְ עַצְמִ֥י וּבְשָׂרִ֖י אָ֑תָּה וַיֵּ֥שֶׁב עִמּ֖וֹ חֹ֥דֶשׁ יָמִֽים׃

Laban lui dit "Tu n'es rien moins que mon corps et ma chair!" Et il demeura avec lui un mois durant

Rachi (1)

Mais tu es mon corps et ma chair. Je n’ai plus de raison, désormais, de t’accueillir chez moi, puisque tu n’as rien. Cependant, eu égard à notre parenté, je t’hébergerai pendant un mois. Et c’est ce qu’il a fait, mais pas gratuitement, car Ya’aqov gardait ses troupeaux.

Verset 15

וַיֹּ֤אמֶר לָבָן֙ לְיַֽעֲקֹ֔ב הֲכִֽי־אָחִ֣י אַ֔תָּה וַֽעֲבַדְתַּ֖נִי חִנָּ֑ם הַגִּ֥ידָה לִּ֖י מַה־מַּשְׂכֻּרְתֶּֽךָ׃

Alors Laban dit à Jacob "Quoi! parce que tu es mon parent tu me servirais gratuitement? Déclare moi quel doit être ton salaire "

Rachi (2)

Est-ce parce que tu es mon frère. C’est une interrogation.

Que tu me serviras gratuitement. Le verbe est au passé précédé du waw conversif. C’est ainsi que tout verbe au passé, auquel on a ajouté un waw comme préfixe, se transforme en futur.

Verset 16

וּלְלָבָ֖ן שְׁתֵּ֣י בָנ֑וֹת שֵׁ֤ם הַגְּדֹלָה֙ לֵאָ֔ה וְשֵׁ֥ם הַקְּטַנָּ֖ה רָחֵֽל׃

Or Laban avait deux filles le nom de l'aînée était Léa celui de la cadette Rachel

Verset 17

וְעֵינֵ֥י לֵאָ֖ה רַכּ֑וֹת וְרָחֵל֙ הָֽיְתָ֔ה יְפַת־תֹּ֖אַר וִיפַ֥ת מַרְאֶֽה׃

Léa avait les yeux faibles Rachel était belle de taille et belle de visage

Rachi (3)

Ternes. Parce qu’elle se croyait destinée à ‘Essaw, et elle en pleurait. Tout le monde disait : « Rivqa a deux fils, et Lavan deux filles. L’aînée sera pour l’aîné, et la cadette pour le cadet » (Beréchith raba 70, 16).

De taille (torr). Ce sont les traits du visage, comme dans : « Il la dessine (yethaaréhou) à la craie... et la proportionne (yethaaréhou) au compas » (Yecha’ya 44, 13). En français médiéval : « conpas ».

De visage. C’est l’éclat du visage.

Verset 18

וַיֶּֽאֱהַ֥ב יַֽעֲקֹ֖ב אֶת־רָחֵ֑ל וַיֹּ֗אמֶר אֶֽעֱבָדְךָ֙ שֶׁ֣בַע שָׁנִ֔ים בְּרָחֵ֥ל בִּתְּךָ֖ הַקְּטַנָּֽה׃

Jacob avait conçu de l'amour pour Rachel II dit "Je te servirai sept ans pour Rachel ta plus jeune fille "

Rachi (2)

Je te servirai sept ans. Ce sont les quelques jours dont lui avait parlé sa mère (Beréchith raba 70, 17) : « tu demeureras avec lui quelques jours » (supra 27, 44). Et il en a été effectivement ainsi, puisqu’il est écrit : « elles furent à ses yeux comme “quelques jours” » (verset 20).

Pour Ra‘hel, ta fille la petite. Pourquoi toutes ces précisions ? Parce qu’il savait que Lavan était rusé. Il lui a dit : « je te servirai... pour Ra‘hel ». Peut-être prétendras-tu qu’il s’agit d’une autre Ra‘hel en ville. Aussi le texte fixe-t-il : « ta fille ». Et si tu devais décider de changer le nom de Léa et de la nommer Ra‘hel, le texte précise : « la petite ». Et tout cela ne lui a servi à rien, puisque Lavan l’a néanmoins trompé.

Verset 19

וַיֹּ֣אמֶר לָבָ֗ן ט֚וֹב תִּתִּ֣י אֹתָ֣הּ לָ֔ךְ מִתִּתִּ֥י אֹתָ֖הּ לְאִ֣ישׁ אַחֵ֑ר שְׁבָ֖ה עִמָּדִֽי׃

Laban répondit "J'aime mieux te la donner que de la donner à un autre époux demeure avec moi "

Verset 20

וַיַּֽעֲבֹ֧ד יַֽעֲקֹ֛ב בְּרָחֵ֖ל שֶׁ֣בַע שָׁנִ֑ים וַיִּֽהְי֤וּ בְעֵינָיו֙ כְּיָמִ֣ים אֲחָדִ֔ים בְּאַֽהֲבָת֖וֹ אֹתָֽהּ׃

Jacob servit pour obtenir Rachel sept années et elles furent à ses yeux comme quelques jours tant il l'aimait

Verset 21

וַיֹּ֨אמֶר יַֽעֲקֹ֤ב אֶל־לָבָן֙ הָבָ֣ה אֶת־אִשְׁתִּ֔י כִּ֥י מָֽלְא֖וּ יָמָ֑י וְאָב֖וֹאָה אֵלֶֽיהָ׃

Jacob dit à Laban "Donne moi ma femme car mon temps est accompli et je veux m'unir à elle "

Rachi (1)

Car mes jours sont accomplis. Le temps que m’avait dit ma mère. Et aussi mon temps est arrivé, puisque j’ai quatre-vingt-quatre ans. Quand donc donnerai-je naissance aux douze tribus ? C’est pourquoi il est écrit : « je viendrai vers elle ». Et pourtant le plus dévergondé des hommes ne parle pas ainsi ! S’il l’a fait, c’est par impatience de donner naissance à sa descendance (Beréchith raba 70, 18).

Verset 22

וַיֶּֽאֱסֹ֥ף לָבָ֛ן אֶת־כָּל־אַנְשֵׁ֥י הַמָּק֖וֹם וַיַּ֥עַשׂ מִשְׁתֶּֽה׃

Laban réunit tous les habitants du lieu et donna un festin

Verset 23

וַיְהִ֣י בָעֶ֔רֶב וַיִּקַּח֙ אֶת־לֵאָ֣ה בִתּ֔וֹ וַיָּבֵ֥א אֹתָ֖הּ אֵלָ֑יו וַיָּבֹ֖א אֵלֶֽיהָ׃

Mais le soir venu il prit Léa sa fille et la lui amena et Jacob s'unit à elle

Verset 24

וַיִּתֵּ֤ן לָבָן֙ לָ֔הּ אֶת־זִלְפָּ֖ה שִׁפְחָת֑וֹ לְלֵאָ֥ה בִתּ֖וֹ שִׁפְחָֽה׃

Laban avait aussi donné Zilpa son esclave à Léa sa fille comme esclave

Verset 25

וַיְהִ֣י בַבֹּ֔קֶר וְהִנֵּה־הִ֖וא לֵאָ֑ה וַיֹּ֣אמֶר אֶל־לָבָ֗ן מַה־זֹּאת֙ עָשִׂ֣יתָ לִּ֔י הֲלֹ֤א בְרָחֵל֙ עָבַ֣דְתִּי עִמָּ֔ךְ וְלָ֖מָּה רִמִּיתָֽנִי׃

Or le matin il se trouva que c'était Léa et il dit à Laban "Que m'as tu fait là! N'est ce pas pour Rachel que j'ai servi chez toi? Et pourquoi m'as tu trompé?"

Rachi (1)

Ce fut, le matin, et voici que c’était Léa. Mais pendant la nuit, elle n’était pas Léa, car Ya‘aqov avait donné à Ra‘hel des signes de reconnaissance. Lorsque celle-ci a vu qu’on lui amenait Léa, elle s’est dit : « Ma sœur va subir une humiliation ! ». Elle lui a donc transmis ces signes (Meguila 13b).

Verset 26

וַיֹּ֣אמֶר לָבָ֔ן לֹֽא־יֵעָשֶׂ֥ה כֵ֖ן בִּמְקוֹמֵ֑נוּ לָתֵ֥ת הַצְּעִירָ֖ה לִפְנֵ֥י הַבְּכִירָֽה׃

Laban répondit "Ce n'est pas l'usage dans notre pays de marier la cadette avant l'aînée

Verset 27

מַלֵּ֖א שְׁבֻ֣עַ זֹ֑את וְנִתְּנָ֨ה לְךָ֜ גַּם־אֶת־זֹ֗את בַּֽעֲבֹדָה֙ אֲשֶׁ֣ר תַּֽעֲבֹ֣ד עִמָּדִ֔י ע֖וֹד שֶֽׁבַע־שָׁנִ֥ים אֲחֵרֽוֹת׃

Achève la semaine de celle ci et nous te donnerons également celle là en échange du service que tu feras encore chez moi pendant sept autres années "

Rachi (3)

Remplis la semaine de celle-ci. Le mot chevou‘a (« semaine ») est à l’état construit, car le chin est ponctué d’un cheva : « la semaine de celle-ci ». Ce sont les sept jours que dure une noce (Yerouchalmi Mo‘èd qatan 1, 7). Et l’on ne peut pas dire que l’expression signifie : « cette semaine-là », car si tel était le cas, le chin aurait dû être ponctué d’un qamats (chavou‘a). De plus, le nom chevou‘a est masculin, ainsi qu’il est écrit : « puis tu compteras sept (chiv’a, et non chéva’) semaines » (Devarim 16, 9), [de sorte que l’on aurait dû avoir ici : chevou‘a zè, et non : chevou‘a zoth]. C’est pourquoi le mot chevou‘a signifie ici une période effective de sept jours. En français médiéval : « septaine » ».

Et nous te donnerons. Le mot est au pluriel avec un hé en suffixe, comme dans : « allons, descendons, confondons » (supra 11, 7), « cuisons-les » (supra 11, 3). Ici aussi, le verbe signifie : « nous allons donner ».

Egalement celle-là. Immédiatement après les sept jours de la noce, et tu me serviras après le mariage.

Verset 28

וַיַּ֤עַשׂ יַֽעֲקֹב֙ כֵּ֔ן וַיְמַלֵּ֖א שְׁבֻ֣עַ זֹ֑את וַיִּתֶּן־ל֛וֹ אֶת־רָחֵ֥ל בִּתּ֖וֹ ל֥וֹ לְאִשָּֽׁה׃

Ainsi fit Jacob il acheva la semaine de la première puis Laban lui accorda Rachel sa fille pour épouse

Verset 29

וַיִּתֵּ֤ן לָבָן֙ לְרָחֵ֣ל בִּתּ֔וֹ אֶת־בִּלְהָ֖ה שִׁפְחָת֑וֹ לָ֖הּ לְשִׁפְחָֽה׃

Laban donna à Rachel sa fille Bilha son esclave pour qu'elle devint la sienne

Verset 30

וַיָּבֹא֙ גַּ֣ם אֶל־רָחֵ֔ל וַיֶּֽאֱהַ֥ב גַּֽם־אֶת־רָחֵ֖ל מִלֵּאָ֑ה וַיַּֽעֲבֹ֣ד עִמּ֔וֹ ע֖וֹד שֶֽׁבַע־שָׁנִ֥ים אֲחֵרֽוֹת׃

Jacob s'unit pareillement à Rachel et persista à aimer Rachel plus que Léa et il servit encore chez Laban sept autres années

Rachi (1)

Encore sept autres années. « Autres » semblables aux premières. De même que Ya’aqov avait servi fidèlement pendant les premières années, de même a-t-il servi fidèlement les autres années, bien que Lavan l’eût trompé la première fois.

Verset 31

וַיַּ֤רְא יְהוָה֙ כִּֽי־שְׂנוּאָ֣ה לֵאָ֔ה וַיִּפְתַּ֖ח אֶת־רַחְמָ֑הּ וְרָחֵ֖ל עֲקָרָֽה׃

Le Seigneur considéra que Léa était dédaignée et il rendit son sein fécond tandis que Rachel fut stérile

Verset 32

וַתַּ֤הַר לֵאָה֙ וַתֵּ֣לֶד בֵּ֔ן וַתִּקְרָ֥א שְׁמ֖וֹ רְאוּבֵ֑ן כִּ֣י אָֽמְרָ֗ה כִּֽי־רָאָ֤ה יְהוָה֙ בְּעָנְיִ֔י כִּ֥י עַתָּ֖ה יֶֽאֱהָבַ֥נִי אִישִֽׁי׃

Léa conçut et enfanta un fils Elle le nomma Ruben "parce que dit elle le Seigneur a vu mon humiliation de sorte qu'à présent mon époux m'aimera "

Rachi (1)

Elle appela son nom Reouven (Reou vén). Nos rabbins ont expliqué (Berakhoth 7b) : Elle a dit : « Voyez (reou) la différence entre (bén) mon fils et le fils de mon beau-père qui a vendu le droit d’aînesse à Ya’aqov ! Celui-ci [Reouven] ne le vendra pas à Yossef, et il ne se plaindra pas de lui, [à savoir de la préférence dont il sera l’objet]. Et non seulement il ne plaindra pas de lui, mais il s’efforcera de le faire sortir du puits ! ».

Verset 33

וַתַּ֣הַר עוֹד֮ וַתֵּ֣לֶד בֵּן֒ וַתֹּ֗אמֶר כִּֽי־שָׁמַ֤ע יְהוָה֙ כִּֽי־שְׂנוּאָ֣ה אָנֹ֔כִי וַיִּתֶּן־לִ֖י גַּם־אֶת־זֶ֑ה וַתִּקְרָ֥א שְׁמ֖וֹ שִׁמְעֽוֹן׃

Elle conçut de nouveau et enfanta un fils Elle dit "Parce que le Seigneur a entendu que j’étais dédaignée il m’a accordé aussi celui là " Et elle l’appela Siméon

Verset 34

וַתַּ֣הַר עוֹד֮ וַתֵּ֣לֶד בֵּן֒ וַתֹּ֗אמֶר עַתָּ֤ה הַפַּ֨עַם֙ יִלָּוֶ֤ה אִישִׁי֙ אֵלַ֔י כִּֽי־יָלַ֥דְתִּי ל֖וֹ שְׁלֹשָׁ֣ה בָנִ֑ים עַל־כֵּ֥ן קָרָֽא־שְׁמ֖וֹ לֵוִֽי׃

Elle conçut de nouveau et enfanta un fils Elle dit "Ah! désormais mon époux me sera attaché puisque je lui ai donné trois fils " C'est pourquoi on l'appela Lévi

Rachi (3)

Cette fois mon mari m’accompagnera. Comme les matriarches étaient prophétesses, elles savaient que douze tribus naîtraient de Ya’aqov (Midrach tan‘houma Wayétsé 9). Or, il a épousé quatre femmes. Elle a donc voulu dire : « Il n’aura plus désormais à se plaindre de moi, puisque j’ai pris toute ma part en lui donnant trois fils » (Berakhoth 60a).

C’est pourquoi. Pour chacun des fils à l’occasion de la nomination duquel il est écrit : « c’est pourquoi », cette expression est l’annonce qu’il aura une descendance nombreuse, sauf pour la tribu de Léwi, chargée du transport de l’Arche Sainte, dont toute faute commise par ses membres était passible de mort (Beréchith raba 71, 4).

Il appela son nom Léwi. Le sujet du verbe « appeler » est ici au masculin (qara), alors qu’il est au féminin (watiqra ou qarea) pour les autres. Il existe un midrach dans Devarim raba : le Saint béni soit-Il a chargé l’ange Gavriel d’amener l’enfant devant Lui et c’est Lui qui lui a donné ce nom. Il lui a offert les vingt-quatre prérogatives dues aux prêtres. C’est parce qu’Il l’a accompagné (lewahou) de ces cadeaux qu’Il lui a donné le nom de Léwi (« accompagné »).

Verset 35

וַתַּ֨הַר ע֜וֹד וַתֵּ֣לֶד בֵּ֗ן וַתֹּ֨אמֶר֙ הַפַּ֨עַם֙ אוֹדֶ֣ה אֶת־יְהוָ֔ה עַל־כֵּ֛ן קָֽרְאָ֥ה שְׁמ֖וֹ יְהוּדָ֑ה וַֽתַּעֲמֹ֖ד מִלֶּֽדֶת׃

Elle conçut encore et mit au monde un fils et elle dit "Pour le coup je rends grâce à l’Éternel!" C’est pourquoi elle le nomma Juda Alors elle cessa d’enfanter

Rachi (1)

Cette fois, je remercie. D’avoir pris plus que ma part. Désormais, j’ai de quoi remercier.

← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Lisez le Houmash avec Rachi dans Koulam La paracha de la semaine, verset par verset, avec le commentaire de Rachi en français — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam