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Beréchith (Genèse) — chapitre 21

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וַֽיהוָ֛ה פָּקַ֥ד אֶת־שָׂרָ֖ה כַּֽאֲשֶׁ֣ר אָמָ֑ר וַיַּ֧עַשׂ יְהוָ֛ה לְשָׂרָ֖ה כַּֽאֲשֶׁ֥ר דִּבֵּֽר׃

Or l'Éternel s'était souvenu de Sara comme il l'avait dit et il fit à Sara ainsi qu'il l'avait annoncé

Rachi (4)

Hachem s’était souvenu de Sara. Ce chapitre, qui fait immédiatement suite à celui relatif à la guérison d’Avimèlekh, vient t’enseigner que celui qui demande miséricorde pour son prochain et qui a besoin pour lui-même de la même faveur est exaucé en premier, ainsi qu’il est écrit : « Avraham pria Eloqim, Eloqim guérit Avimèlekh » (supra 20, 17), aussitôt suivi de : « Hachem s’était souvenu de Sara ». Il s’en était souvenu avant même de guérir Avimèlekh (Baba Qama 92a).

S’était souvenu de Sara, comme Il avait dit. En la faisant devenir enceinte.

Comme Il avait parlé. En la faisant accoucher. Et où avait-Il « dit » (amar) ? Où avait-Il « parlé » (dibér) ? Il a « dit » : « Eloqim dit (amar) : Certes, Sara, ta femme, t’engendrera un fils » (supra 17, 19). Il a « parlé » : « après ces choses-là, la parole (devar) de Hachem s’adressa à Avram » (supra 15, 1), lors de l’alliance « entre les morceaux ». C’est alors qu’il lui a été spécifié : « celui-là [à savoir Eli’èzer] n’héritera pas de toi » (supra 15, 4), ton héritier devant être engendré par Sara.

Hachem fit à Sara comme Il avait parlé. A Avraham.

Verset 2

וַתַּהַר֩ וַתֵּ֨לֶד שָׂרָ֧ה לְאַבְרָהָ֛ם בֵּ֖ן לִזְקֻנָ֑יו לַמּוֹעֵ֕ד אֲשֶׁר־דִּבֶּ֥ר אֹת֖וֹ אֱלֹהִֽים׃

Sara conçut et enfanta un fils à Abraham quoiqu’âgé à l'époque précise où Dieu l'avait promis

Rachi (3)

.

.

A l’époque précise dont Eloqim lui (otho) avait parlé. Il résulte de la traduction du Targoum que le mot otho désigne « l’époque », [en tant que complément direct du verbe « avait parlé », et non Avraham, en tant que complément d’attribution], tel qu’Il l’avait déterminée lorsqu’Il lui a dit : « au terme fixé, je reviendrai vers toi quand le terme sera là » (supra 18, 14). Il a gravé une entaille sur le mur et lui a dit : « Lorsque le soleil reviendra l’année prochaine sur cette entaille, Sara aura un fils » (Midrach tan‘houma Wayéra 36).

Verset 3

וַיִּקְרָ֨א אַבְרָהָ֜ם אֶֽת־שֶׁם־בְּנ֧וֹ הַנּֽוֹלַד־ל֛וֹ אֲשֶׁר־יָֽלְדָה־לּ֥וֹ שָׂרָ֖ה יִצְחָֽק׃

Abraham nomma le fils qui venait de lui naître que Sara lui avait donné Isaac

Verset 4

וַיָּ֤מָל אַבְרָהָם֙ אֶת־יִצְחָ֣ק בְּנ֔וֹ בֶּן־שְׁמֹנַ֖ת יָמִ֑ים כַּֽאֲשֶׁ֛ר צִוָּ֥ה אֹת֖וֹ אֱלֹהִֽים׃

Abraham circoncit Isaac son fils à l'âge de huit jours comme Dieu le lui avait ordonné

Verset 5

וְאַבְרָהָ֖ם בֶּן־מְאַ֣ת שָׁנָ֑ה בְּהִוָּ֣לֶד ל֔וֹ אֵ֖ת יִצְחָ֥ק בְּנֽוֹ׃

Or Abraham était âgé de cent ans lorsqu’Isaac son fils vint au monde

Verset 6

וַתֹּ֣אמֶר שָׂרָ֔ה צְחֹ֕ק עָ֥שָׂה לִ֖י אֱלֹהִ֑ים כָּל־הַשֹּׁמֵ֖עַ יִֽצְחַק־לִֽי׃

Sara dit "Dieu m'a donné une félicité et quiconque l'apprendra me félicitera "

Rachi (1)

Me félicitera. Se réjouira pour moi. Et le midrach explique : De nombreuses femmes stériles sont devenues enceintes en même temps qu’elle, beaucoup de malades ont été guéris ce jour-là, de nombreuses prières ont été exaucées comme les siennes, il y a eu une grande joie dans le monde (Beréchith raba 53, 8).

Verset 7

וַתֹּ֗אמֶר מִ֤י מִלֵּל֙ לְאַבְרָהָ֔ם הֵינִ֥יקָה בָנִ֖ים שָׂרָ֑ה כִּֽי־יָלַ֥דְתִּי בֵ֖ן לִזְקֻנָֽיו׃

Elle dit encore "Qui eût dit à Abraham que Sara allaiterait des enfants? Eh bien j'ai donné un fils à sa vieillesse!"

Rachi (3)

Qui eût dit à Avraham. Ces mots expriment une idée de louange et de reconnaissance de la grandeur de Dieu : « Voyez qui Il est et comme Il a tenu Sa promesse ! Ce que promet le Saint béni soit-Il, Il l’accomplit ! »

Eût dit. Le texte emploie ici un mot inusité (millél) au lieu de dibèr (« dit »). La valeur numérique de millél est cent, comme pour dire : « quand Avraham aura cent ans » (Beréchith raba 53, 9).

Que Sara allaiterait des fils. Pourquoi le mot « fils » est-il au pluriel ? Le jour du festin, les princesses sont arrivées chacune avec son nourrisson, et elle les a tous allaités. Car elles disaient : « Sara n’a pas enfanté, mais elle a ramené un enfant trouvé dans la rue ! » (Baba Metsi‘a 87a).

Verset 8

וַיִּגְדַּ֥ל הַיֶּ֖לֶד וַיִּגָּמַ֑ל וַיַּ֤עַשׂ אַבְרָהָם֙ מִשְׁתֶּ֣ה גָד֔וֹל בְּי֖וֹם הִגָּמֵ֥ל אֶת־יִצְחָֽק׃

L'enfant grandit,Il fut sevré Abraham fit un grand festin le jour où l'on sevra Isaac

Rachi (2)

Il fut sevré. Après vingt-quatre mois (Ketouvoth 60a).

Un grand festin. Parce que les « grands » de la génération y ont participé : Chem, ‘Evèr et Avimèlekh (Beréchith raba 53).

Verset 9

וַתֵּ֨רֶא שָׂרָ֜ה אֶֽת־בֶּן־הָגָ֧ר הַמִּצְרִ֛ית אֲשֶׁר־יָֽלְדָ֥ה לְאַבְרָהָ֖ם מְצַחֵֽק׃

Sara vit le fils d'Agar l'Egyptienne que celle ci avait enfanté à Abraham se livrer à des railleries

Rachi (1)

Se livrer à des railleries (metsa‘héq). Il s’agit d’idolâtrie (Beréchith raba 53, 11), ainsi qu’il est écrit [à propos du veau d’or] : « ils se sont livrés à des réjouissances (letsa‘heq) » (Chemoth 32, 6). Autre explication : Il s’agit de l’adultère, ainsi qu’il est écrit : « le serviteur hébreu que tu nous as amené est venu vers moi pour se moquer de moi (letsa‘heq) » (infra 39, 17). Autre explication : Il s’agit du meurtre, ainsi qu’il est écrit : « Que les plus jeunes s’avancent et s’escriment (weyis‘haqou)... et ils passèrent leur épée dans le flanc l’un de l’autre » (II Chemouel 2, 14) . Yichma‘el se disputait avec Yits‘haq à propos de l’héritage, et disait : « C’est moi l’aîné et je prendrai double part ! ». Ils sortaient dans les champs, et Yichma‘el prenait son arc et lui lançait des flèches, ainsi qu’il est écrit : « Comme celui qui s’amuse à lancer des brandons, des flèches meurtrières, et dit : “mais je plaisantais !” » (Michlei 26, 18-19).

Verset 10

וַתֹּ֨אמֶר֙ לְאַבְרָהָ֔ם גָּרֵ֛שׁ הָֽאָמָ֥ה הַזֹּ֖את וְאֶת־בְּנָ֑הּ כִּ֣י לֹ֤א יִירַשׁ֙ בֶּן־הָֽאָמָ֣ה הַזֹּ֔את עִם־בְּנִ֖י עִם־יִצְחָֽק׃

et elle dit à Abraham "Renvoie cette esclave et son fils car le fils de cette esclave n'héritera point avec mon fils avec Isaac "

Rachi (2)

.

Avec mon fils, avec Yits‘haq. Du moment qu’il est mon fils, même s’il ne possède pas les mérites de Yits‘haq. Ou du moment qu’il a les mérites de Yits‘haq, même s’il n’avait pas été pas mon fils, celui-ci (Yichma‘el) n’est pas digne de partager l’héritage avec lui. A plus forte raison « avec mon fils, avec Yits‘haq », les deux qualités étant réunies (Beréchith raba).

Verset 11

וַיֵּ֧רַע הַדָּבָ֛ר מְאֹ֖ד בְּעֵינֵ֣י אַבְרָהָ֑ם עַ֖ל אוֹדֹ֥ת בְּנֽוֹ׃

La chose déplut fort à Abraham à cause de son fils

Rachi (1)

A cause de son fils. Il avait entendu que Yichma‘el s’était détourné du droit chemin (Midrach tan‘houma Chemoth 1) Et d’après le sens littéral : il lui a déplu que Sara lui ait demandé de le renvoyer.

Verset 12

וַיֹּ֨אמֶר אֱלֹהִ֜ים אֶל־אַבְרָהָ֗ם אַל־יֵרַ֤ע בְּעֵינֶ֨יךָ֙ עַל־הַנַּ֣עַר וְעַל־אֲמָתֶ֔ךָ כֹּל֩ אֲשֶׁ֨ר תֹּאמַ֥ר אֵלֶ֛יךָ שָׂרָ֖ה שְׁמַ֣ע בְּקֹלָ֑הּ כִּ֣י בְיִצְחָ֔ק יִקָּרֵ֥א לְךָ֖ זָֽרַע׃

Mais Dieu dit à Abraham "Ne sois pas mécontent au sujet de cet enfant et de ton esclave pour tout ce que Sara te dit obéis à sa voix car c'est la postérité d'Isaac qui portera ton nom

Rachi (1)

Ecoute sa voix. D’où nous apprenons qu’Avraham était inférieur à Sara en prophétie.

Verset 13

וְגַ֥ם אֶת־בֶּן־הָֽאָמָ֖ה לְג֣וֹי אֲשִׂימֶ֑נּוּ כִּ֥י זַרְעֲךָ֖ הֽוּא׃

Mais le fils de cette esclave aussi je le ferai devenir une nation parce qu'il est ta progéniture "

Verset 14

וַיַּשְׁכֵּ֣ם אַבְרָהָ֣ם ׀ בַּבֹּ֡קֶר וַיִּֽקַּֽח־לֶחֶם֩ וְחֵ֨מַת מַ֜יִם וַיִּתֵּ֣ן אֶל־הָ֠גָר שָׂ֧ם עַל־שִׁכְמָ֛הּ וְאֶת־הַיֶּ֖לֶד וַֽיְשַׁלְּחֶ֑הָ וַתֵּ֣לֶךְ וַתֵּ֔תַע בְּמִדְבַּ֖ר בְּאֵ֥ר שָֽׁבַע׃

Abraham se leva de bon matin prit du pain et une outre pleine d'eau les remit à Agar en les lui posant sur l'épaule ainsi que l'enfant et la renvoya Elle s'en alla et s'égara dans le désert de Beer Shava

Rachi (3)

Du pain et une cruche d’eau. Et pas d’argent ni d’or, par aversion pour la mauvaise direction qu’il avait prise.

Ainsi que l’enfant. L’enfant aussi, il l’a placé sur l’épaule de Hagar, parce que Sara lui avait jeté le mauvais œil, de sorte qu’il avait attrapé une fièvre et ne pouvait plus marcher (Beréchith raba 53, 13).

Elle s’en alla, elle erra. Elle est retournée aux idoles de la maison de son père (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 30).

Verset 15

וַיִּכְל֥וּ הַמַּ֖יִם מִן־הַחֵ֑מֶת וַתַּשְׁלֵ֣ךְ אֶת־הַיֶּ֔לֶד תַּ֖חַת אַחַ֥ד הַשִּׂיחִֽם׃

Quand l'eau de l'outre fut épuisée elle abandonna l'enfant au pied d'un arbre

Rachi (1)

L’eau fut épuisée. Parce que les malades boivent généralement beaucoup.

Verset 16

וַתֵּלֶךְ֩ וַתֵּ֨שֶׁב לָ֜הּ מִנֶּ֗גֶד הַרְחֵק֙ כִּמְטַֽחֲוֵ֣י קֶ֔שֶׁת כִּ֣י אָֽמְרָ֔ה אַל־אֶרְאֶ֖ה בְּמ֣וֹת הַיָּ֑לֶד וַתֵּ֣שֶׁב מִנֶּ֔גֶד וַתִּשָּׂ֥א אֶת־קֹלָ֖הּ וַתֵּֽבְךְּ׃

EIle alla s'asseoir du côté opposé à la distance d'un trait d'arc en se disant "Je ne veux pas voir mourir cet enfant" et ainsi assise du côté opposé elle éleva la voix et pleura

Rachi (3)

Du côté vis-à-vis. A distance.

D’une portée d’arc. Le mot kimta‘hawé (« d’une portée ») étant au pluriel signifie : « de deux portées ». Il exprime, dans le vocabulaire de la michna, l’idée de « lancement » d’une flèche : « Il a “lancé” sur sa femme » (Sanhèdrin 46a), la semence étant « lancée » comme une flèche. Et si tu objectes qu’il aurait dû être écrit kimta‘hé (au lieu de kimta‘hawé), je répondrai que l’on insère souvent un waw à l’intérieur d’un mot, comme dans : « dans les fentes (be‘hagwé) du rocher » (Chir hachirim 2, 14), le mot ’hagwé venant de la racine ‘haga, comme dans : « et la terre de Yehouda deviendra une brisure (le‘haga) pour l’Egypte » (Yecha’ya 19, 17), ou dans : « ils chancellent (ya‘hoggou) et titubent comme un homme ivre » (Tehilim 107, 27), ou encore : « les limites (qatswé au lieu de qetsé) de la terre » (Tehilim 65, 6).

Elle s’assit vis-à-vis. [Alors qu’il vient d’être dit qu’elle est allée s’asseoir.] : Comme il était sur le point de mourir, elle s’éloigna davantage.

Verset 17

וַיִּשְׁמַ֣ע אֱלֹהִים֮ אֶת־ק֣וֹל הַנַּעַר֒ וַיִּקְרָא֩ מַלְאַ֨ךְ אֱלֹהִ֤ים ׀ אֶל־הָגָר֙ מִן־הַשָּׁמַ֔יִם וַיֹּ֥אמֶר לָ֖הּ מַה־לָּ֣ךְ הָגָ֑ר אַל־תִּ֣ירְאִ֔י כִּֽי־שָׁמַ֧ע אֱלֹהִ֛ים אֶל־ק֥וֹל הַנַּ֖עַר בַּֽאֲשֶׁ֥ר הוּא־שָֽׁם׃

Dieu entendit le gémissement de l'enfant Un messager du Seigneur appela Agar du haut des cieux et lui dit "Qu'as tu Agar? Sois sans crainte car Dieu a entendu la voix de l'enfant s'élever de l'endroit où il gît

Rachi (2)

La voix de l’enfant. De là nous apprenons que la prière du malade lui-même vaut davantage que celle que les autres récitent pour lui, car elle est exaucée en premier (Beréchith raba 53, 14).

Là où il est. [C’est-à-dire : « tel qu’il est ».] Il est jugé d’après les actes qu’il accomplit maintenant, et non d’après ceux qu’il exécutera plus tard (Roch haChana 16b). Les anges de service portaient accusation contre Yichma’él en disant : « Maître de l’univers ! Comment peux-tu faire apparaître un puits au profit de celui dont les descendants feront un jour mourir tes enfants de soif ? » Dieu leur a répondu : « Qu’est-il en ce moment ? Innocent ou coupable ? » « Il est innocent ! ont-ils convenu ». Et Dieu leur a fait observer : « C’est d’après ses actes présents que je le juge ». C’est ce que veut dire : « là où il est ». Mais où Yichma’él a-t-il fait mourir Israël de soif ? Quand Nevoukhadretsar (Nabuchodonosor) les a exilés, ainsi qu’il est écrit : « Oracle contre l’Arabie... portez de l’eau au-devant de ceux qui ont soif... » (Yecha’ya 21 13-14). Lorsqu’on les a exilés chez les Arabes, les Israélites ont dit à ceux qui les convoyaient : « Par pitié ! Amenez-nous chez les fils de notre oncle Yichma’él : ils auront pitié de nous », ainsi qu’il est écrit : « Caravanes de Dodanim [descendants de Yichma’él] ». Ne lis pas dodanim, mais dodim (oncles). Ils sont venus à leur rencontre chargés de viandes, de poissons salés et d’outres gonflées d’air. Les Israélites pensaient qu’elles étaient pleines d’eau, mais dès qu’ils les ont portées à leur bouche et les ont ouvertes, l’air a pénétré dans leur corps et ils en sont morts (Midrach tan‘houma Chemoth, Eikha rabathi 2, 5).

Verset 18

ק֚וּמִי שְׂאִ֣י אֶת־הַנַּ֔עַר וְהַֽחֲזִ֥יקִי אֶת־יָדֵ֖ךְ בּ֑וֹ כִּֽי־לְג֥וֹי גָּד֖וֹל אֲשִׂימֶֽנּוּ׃

Relève toi! reprends cet enfant et soutiens le de la main car je ferai de lui une grande nation "

Verset 19

וַיִּפְקַ֤ח אֱלֹהִים֙ אֶת־עֵינֶ֔יהָ וַתֵּ֖רֶא בְּאֵ֣ר מָ֑יִם וַתֵּ֜לֶךְ וַתְּמַלֵּ֤א אֶת־הַחֵ֨מֶת֙ מַ֔יִם וַתַּ֖שְׁקְ אֶת־הַנָּֽעַר׃

Le Seigneur lui dessilla les yeux et elle aperçu une source elle y alla emplit l’outre d’eau et donna à boire à l’enfant

Verset 20

וַיְהִ֧י אֱלֹהִ֛ים אֶת־הַנַּ֖עַר וַיִּגְדָּ֑ל וַיֵּ֨שֶׁב֙ בַּמִּדְבָּ֔ר וַיְהִ֖י רֹבֶ֥ה קַשָּֽׁת׃

Dieu fut avec cet enfant et il grandit il demeura dans le désert et devint tireur à l’arc

Rachi (2)

Tireur d’arc. Tirant des flèches de son arc.

Arc. C’est le nom de l’activité, d’où la présence du daguéch dans le chin (deuxième lettre du radical), comme dans ‘hammar (« ânier »), gammal (« chamelier »), tsayyad (« chasseur »). Il demeurait dans le désert et dépouillait les passants, ainsi qu’il est écrit : « sa main sera contre tous » (supra 16, 12).

Verset 21

וַיֵּ֖שֶׁב בְּמִדְבַּ֣ר פָּארָ֑ן וַתִּֽקַּֽח־ל֥וֹ אִמּ֛וֹ אִשָּׁ֖ה מֵאֶ֥רֶץ מִצְרָֽיִם׃

II habita le désert de Pharan et sa mère lui choisit une femme du pays d'Egypte

Rachi (1)

Du pays d’Egypte. Du lieu où elle avait grandi (Beréchith raba 53, 15), ainsi qu’il est écrit : « et elle avait une servante égyptienne » (supra 16, 1). Comme le dit le dicton : « Lance en l’air un bâton, il retombera sur sa racine ! ».

Verset 22

וַֽיְהִי֙ בָּעֵ֣ת הַהִ֔וא וַיֹּ֣אמֶר אֲבִימֶ֗לֶךְ וּפִיכֹל֙ שַׂר־צְבָא֔וֹ אֶל־אַבְרָהָ֖ם לֵאמֹ֑ר אֱלֹהִ֣ים עִמְּךָ֔ בְּכֹ֥ל אֲשֶׁר־אַתָּ֖ה עֹשֶֽׂה׃

II arriva dans le même temps qu'Abimélec accompagné de Pikol chef de son armée dit à Abraham "Dieu est avec toi dans tout ce que tu entreprends

Rachi (1)

Eloqim est avec toi. Ils ont vu qu’Avraham s’était dégagé sain et sauf du voisinage de Sedom, qu’il s’était battu victorieusement contre les rois, et que l’on s’était « souvenu » de sa femme alors qu’il était vieux (Beréchith raba 54, 2).

Verset 23

וְעַתָּ֗ה הִשָּׁ֨בְעָה לִּ֤י בֵֽאלֹהִים֙ הֵ֔נָּה אִם־תִּשְׁקֹ֣ר לִ֔י וּלְנִינִ֖י וּלְנֶכְדִּ֑י כַּחֶ֜סֶד אֲשֶׁר־עָשִׂ֤יתִי עִמְּךָ֙ תַּֽעֲשֶׂ֣ה עִמָּדִ֔י וְעִם־הָאָ֖רֶץ אֲשֶׁר־גַּ֥רְתָּה בָּֽהּ׃

Et maintenant jure moi par ce Dieu que tu ne seras infidèle ni à moi ni à mes enfants ni à ma postérité que comme j'ai bien agi à ton égard ainsi tu agiras envers moi et envers le pays où tu es venu séjourner "

Rachi (2)

Ni envers mon fils, ni envers mon petit-fils. C’est jusque là que dure la compassion du père envers son fils.

Selon la bonté que je t’ai faite, tu agiras envers moi. Quand je t’ai dit : « voici mon pays devant toi » (supra 20, 15).

Verset 24

וַיֹּ֨אמֶר֙ אַבְרָהָ֔ם אָֽנֹכִ֖י אִשָּׁבֵֽעַ׃

Abraham répondit "Je veux le jurer "

Verset 25

וְהוֹכִ֥חַ אַבְרָהָ֖ם אֶת־אֲבִימֶ֑לֶךְ עַל־אֹדוֹת֙ בְּאֵ֣ר הַמַּ֔יִם אֲשֶׁ֥ר גָּֽזְל֖וּ עַבְדֵ֥י אֲבִימֶֽלֶךְ׃

Or Abraham avait fait des reproches à Abimélec au sujet d'un puits dont les gens d'Abimélec s'étaient emparés

Rachi (1)

Il réprimanda. Il argumenta avec lui à ce sujet.

Verset 26

וַיֹּ֣אמֶר אֲבִימֶ֔לֶךְ לֹ֣א יָדַ֔עְתִּי מִ֥י עָשָׂ֖ה אֶת־הַדָּבָ֣ר הַזֶּ֑ה וְגַם־אַתָּ֞ה לֹֽא־הִגַּ֣דְתָּ לִּ֗י וְגַ֧ם אָֽנֹכִ֛י לֹ֥א שָׁמַ֖עְתִּי בִּלְתִּ֥י הַיּֽוֹם׃

Et Abimélec avait répondu "Je ne sais qui a commis cette action toi même tu ne m'en avais pas instruit et moi je l'ignorais avant ce jour "

Verset 27

וַיִּקַּ֤ח אַבְרָהָם֙ צֹ֣אן וּבָקָ֔ר וַיִּתֵּ֖ן לַֽאֲבִימֶ֑לֶךְ וַיִּכְרְת֥וּ שְׁנֵיהֶ֖ם בְּרִֽית׃

Abraham prit du menu et du gros bétail qu'il remit à Abimélec et ils conclurent mutuellement une alliance

Verset 28

וַיַּצֵּ֣ב אַבְרָהָ֗ם אֶת־שֶׁ֛בַע כִּבְשֹׂ֥ת הַצֹּ֖אן לְבַדְּהֶֽן׃

Abraham ayant rangé à part sept brebis de ce bétail,

Verset 29

וַיֹּ֥אמֶר אֲבִימֶ֖לֶךְ אֶל־אַבְרָהָ֑ם מָ֣ה הֵ֗נָּה שֶׁ֤בַע כְּבָשֹׂת֙ הָאֵ֔לֶּה אֲשֶׁ֥ר הִצַּ֖בְתָּ לְבַדָּֽנָה׃

Abimélec dit à Abraham "Que signifient ces sept brebis que tu as mises à part?"

Verset 30

וַיֹּ֕אמֶר כִּ֚י אֶת־שֶׁ֣בַע כְּבָשֹׂ֔ת תִּקַּ֖ח מִיָּדִ֑י בַּֽעֲבוּר֙ תִּֽהְיֶה־לִּ֣י לְעֵדָ֔ה כִּ֥י חָפַ֖רְתִּי אֶת־הַבְּאֵ֥ר הַזֹּֽאת׃

Il répondit "C'est que tu dois recevoir de ma main sept brebis comme témoignage que j'ai creusé ce puit "

Rachi (3)

Comme témoignage. Cela.

Pour que cela me soit témoignage. Le mot ‘éda (« témoignage ») est au féminin, et s’accorde avec zoth (« cela ») [sous-entendu dans le texte], comme dans : « et soit témoin (‘éda) ce monument » (infra 31, 52).

Que j’ai creusé ce puits. Les bergers d’Avimèlekh cherchaient querelle à propos de ce puits et disaient : « C’est nous qui l’avons creusé ! ». Ils se sont dit entre eux : « Celui qui se présentera devant le puits et vers qui l’eau montera, le puits sera à lui ». Et c’est vers Avraham qu’elle est montée.

Verset 31

עַל־כֵּ֗ן קָרָ֛א לַמָּק֥וֹם הַה֖וּא בְּאֵ֣ר שָׁ֑בַע כִּ֛י שָׁ֥ם נִשְׁבְּע֖וּ שְׁנֵיהֶֽם׃

Aussi appela t on cet endroit Beer Shava car là ils jurèrent l'un et l'autre

Verset 32

וַיִּכְרְת֥וּ בְרִ֖ית בִּבְאֵ֣ר שָׁ֑בַע וַיָּ֣קָם אֲבִימֶ֗לֶךְ וּפִיכֹל֙ שַׂר־צְבָא֔וֹ וַיָּשֻׁ֖בוּ אֶל־אֶ֥רֶץ פְּלִשְׁתִּֽים׃

Lorsqu'ils eurent contracté alliance à Beer Shava Abimélec se leva ainsi que Pikol son général d'armée et ils s'en retournèrent au pays des Philistins

Verset 33

וַיִּטַּ֥ע אֶ֖שֶׁל בִּבְאֵ֣ר שָׁ֑בַע וַיִּ֨קְרָא־שָׁ֔ם בְּשֵׁ֥ם יְהוָ֖ה אֵ֥ל עוֹלָֽם׃

Abraham planta un bouquet d'arbres à Beer Shava et y proclama le Seigneur Dieu éternel

Rachi (2)

Un bosquet (échel). Rav et Chemouel sont en désaccord (Sota 10a, Beréchith raba 54, 6). L’un enseigne que échel était un verger producteur de fruits qu’il servait à ses hôtes pendant le repas, l’autre que c’était une auberge pour accueillir les passants, dans laquelle on trouvait toutes sortes de fruits. Nous trouvons le mot « planter » à propos de tentes, comme dans : « il plantera les tentes de son royal campement » (Daniel 11, 45).

Il y appela. C’est grâce à ce bosquet que le nom du Saint béni soit-Il a été invoqué comme Dieu dans le monde. Après leur avoir offert à manger et à boire, il leur disait : « bénissez Celui à qui appartient ce que vous avez mangé ! Croyez-vous que ce que vous avez mangé était à moi ? Non ! Ce que vous avez mangé appartient à Celui qui a créé le monde par Sa parole ! » (Sota 10b).

Verset 34

וַיָּ֧גָר אַבְרָהָ֛ם בְּאֶ֥רֶץ פְּלִשְׁתִּ֖ים יָמִ֥ים רַבִּֽים׃

Abraham habita longtemps encore dans le pays des Philistins

Rachi (1)

De nombreux jours. Plus nombreux que ceux qu’il avait passés à ‘Hèvron. Il avait résidé vingt-cinq ans à ‘Hèvron, et ici vingt-six. Il avait quitté ‘Haran à l’âge de soixante-quinze ans (supra 12, 4), et c’est cette année-là, est-il indiqué, qu’il « s’installa dans les plaines de Mamré » (supra 13, 18). Car nous ne trouvons nulle part, avant cet établissement, qu’il se soit installé à demeure en quelque endroit. Partout où il passait, il ne faisait que camper et repartir, ainsi qu’il est écrit : « Avram traversa le pays... (supra 12, 6) », « il se transporta de là... (supra 12, 8) », « il y eut une famine dans le pays. Avram descendit en Egypte pour y séjourner... (supra 12, 10) ». Son séjour en Egypte n’a duré que trois mois, puisque Pharaon l’a renvoyé aussitôt. « Il repassa par ses étapes, depuis le sud jusqu’à Beith-El (supra 13, 3) ». « Il dressa sa tente, il vint, il s’installa dans les plaines de Mamré, qui sont à ‘Hèvron (supra 13, 18) », et il y resta jusqu’à la destruction de Sedom. Ensuite, « il partit de là au pays du sud (supra 20, 1) » à cause de la honte que lui avait causée Lot, et il s’est installé dans le pays des Plichtim. Il avait alors quatre-vingt-dix-neuf ans, puisque c’est trois jours après sa circoncision que les anges sont venus lui rendre visite. Il s’est donc écoulé vingt-cinq ans entre son installation à ‘Hèvron, l’année où il a quitté sa terre natale, et son arrivée au pays des Plichtim. Or, il est écrit ici qu’il a résidé dans le pays des Plichtim « de nombreux jours », [que l’on peut traduire également par : « des jours plus nombreux »]. C’est donc qu’il y a passé plus de temps qu’à ‘Hèvron. Or, le texte n’entend pas, ici, rester dans le vague, mais il tient à s’exprimer explicitement. Si donc l’expression « de nombreux jours » avait voulu dire deux ans ou plus, il l’aurait dit en toutes lettres. Il faut admettre, par conséquent, que la différence n’a été que d’une année, et donc que le séjour chez les Plichtim a duré vingt-six ans. Il en est alors reparti pour retourner à ‘Hèvron : c’était douze ans avant le sacrifice de Yits‘haq. Telle est la chronologie qui figure dans le Séder ‘olam (Beréchith raba 54, 6).

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