Les deux envoyés arrivèrent à Sodome le soir Loth était assis à la porte de Sodome à leur vue il se leva au devant d'eux et se prosterna la face contre terre
Rachi (4)
Les anges. Tandis que le texte, plus haut, les appelle des « hommes » (supra 18, 2). Lorsque la chekhina était avec eux, on les appelait des « hommes ». Autre explication : Chez Avraham, dont la force était grande, et qui était habitué à recevoir la visite des anges autant que celle des hommes, on les appelle des « hommes ». Chez Lot, en revanche, on les appelle des « anges » (Beréchith raba 50, 2).
Le soir. Pourquoi les anges ont-ils mis si longtemps pour aller de ‘Hèvron à Sedom ? C’est parce qu’ils étaient des anges de miséricorde (Beréchith raba 50, 1). Ils ont donc attendu, pensant qu’Avraham plaiderait peut-être leur cause avec succès.
Lot était assis à la porte de Sedom. Le mot yochév est écrit sans waw, et peut donc se lire yachav (« il s’est assis »). On l’avait, ce jour-là, institué juge (Beréchith raba 50, 3).
Lot les vit. C’est chez Avraham qu’il avait appris à pratiquer l’hospitalité (Beréchith raba 50, 4).
Il dit "Ah! de grâce mes seigneurs venez dans la maison de votre serviteur passez y la nuit lavez vos pieds puis demain matin vous pourrez continuer votre route " Ils répondirent "Non nous coucherons sur la voie publique "
Rachi (5)
Ah ! de grâce, mes seigneurs. Vous êtes comme mes seigneurs, maintenant que vous êtes passés près de chez moi (voir Rachi supra 12, 11). Autre explication : Prenez garde que ces scélérats ne vous reconnaissent pas, et suivez mon conseil :
Détournez-vous. Venez chez moi en faisant un détour, afin qu’ils ne sachent pas que vous êtes entrés chez moi. D’où l’emploi du mot sourou (littéralement : « écartez-vous ») (Beréchith raba 50, 4).
Et passez-y la nuit et lavez vos pieds. Les gens ont-ils pour habitude de passer d’abord la nuit, et de se laver ensuite ? Avraham leur avait dit de commencer par se laver les pieds (supra 18, 4). Voici quel a été le raisonnement de Lot : Si des gens de Sedom arrivent chez moi et qu’ils constatent qu’ils se sont déjà lavé les pieds, ils m’accuseront de les avoir accueillis chez moi depuis deux ou trois jours et de ne pas les en avoir informés. Mieux vaut donc, s’est-il dit, qu’ils restent avec la poussière à leurs pieds et qu’ils aient l’air d’être arrivés depuis peu. Aussi leur a-t-il déclaré : « passez la nuit » et ensuite : « lavez vos pieds ».
Ils dirent : Non !. Tandis qu’ils avaient dit à Avraham : « fais ainsi que tu as dit » (supra 18, 5). D’où l’on déduit que l’on peut refuser au plus petit, mais pas au plus grand (Baba Metsi‘a 87a).
Nous passerons la nuit sur la voie publique. La conjonction ki a ici le sens de èla (« mais »). Ils ont voulu dire : « nous ne nous détournerons pas pour aller chez toi, mais nous passerons la nuit dans une rue de la ville ».
Ils n'étaient pas encore couchés lorsque les gens de la ville les gens de Sodome s'attroupèrent autour de la maison jeunes et vieux le peuple entier de tous les coins de la ville
Rachi (2)
Ils n’étaient pas encore couchés que des hommes de la ville, des hommes de Sedom. Voici l’explication du Beréchith raba (50, 5) : Avant de se coucher, les anges ont parlé des gens de la ville et ont demandé à Lot qui ils étaient et quelle était leur conduite. Il leur a répondu qu’ils étaient, pour la plupart, des scélérats. Ils étaient encore en train de parler d’eux quand les gens de la ville, les scélérats [dont on venait de parler], se sont attroupés autour de la maison. Quant au sens littéral, c’est parce qu’ils étaient des scélérats qu’on les appelle « les hommes de Sedom », ainsi qu’il est écrit : « et les hommes de Sedom étaient pervers et pécheurs devant Hachem, à un haut degré » (supra 13, 13).
Tout le peuple, de tous les coins de la ville. D’un coin de la ville à l’autre. Aucun ne s’y opposait, étant donné qu’il n’y avait pas un seul juste parmi eux (Beréchith raba 50, 5).
Ecoutez! j'ai deux filles qui n'ont pas encore connu d’homme je vais vous les amener faites leur ce que bon vous semblera mais ces hommes ne leur faites rien car enfin ils sont venus s'abriter sous mon toit "
Rachi (2)
Ces hommes. Haél équivaut à haélè (« ceux-ci »).
Puisqu’aussi bien ils sont venus. Faites cette faveur en mon honneur, parce qu’ils sont venus s’abriter « à l’ombre de ma poutre ». Le Targoum traduit le mot qora par l’araméen charoutha (« poutre »).
Ils répondirent "Va t'en loin d'ici! Cet homme ajoutèrent ils est venu séjourner ici et maintenant il se fait juge! Eh bien nous te ferons plus de mal qu'à eux!" Ils assaillirent Loth avec violence et s'avancèrent pour briser la porte
Rachi (2)
Va-t’en au loin (holea). Littéralement : « approche-toi plus loin », c’est-à-dire « approche-toi des côtés et éloigne-toi de nous ». De même toutes les fois que l’on trouve dans le texte le mot holea, il exprime l’idée d’éloignement, comme dans : « en disperser le feu au loin (holea) » (Bamidbar 17 2), ou bien dans : « les flèches sont tombées plus loin (weholea) » (I Chemouel 20, 22). L’expression « va-t’en au loin » signifie donc « retire-toi », en français médiéval : « trais-toi de nous ». C’est une expression de mépris, comme pour dire : « nous n’avons que faire de toi ! », comme dans : « retire-toi, ne me touche pas » -(Yecha’ya, 65, 5), ou bien dans : « approche-toi de moi, et je m’assiérai » (Yecha’ya 49, 20), c’est-à-dire : « retire-toi sur les côtés pour que je puisse m’asseoir à ta place ». [Voici ce que les gens de Sedom ont voulu signifier à Lot :] Tu parles en faveur de ces gens de passage. Comment peux-tu avoir une telle audace ? Comme il leur a parlé de ses filles, ils lui ont dit : « va-t-en au loin », comme dans une expression de satisfaction. Et comme il parlait en faveur de ses invités, ils lui ont dit... Celui-ci est venu séjourner tu es le seul étranger venu habiter parmi nous.Et il veut faire le juge et tu aurais la prétention de nous réprimander ?
La porte. Le panneau de la porte qui tourne pour fermer et ouvrir.
Et les hommes qui assiégeaient l'entrée de la maison ils les frappèrent d'éblouissements petits et grands qui se fatiguèrent à chercher l’entrée
Rachi (3)
L’entrée. C’est l’ouverture par où l’on entre et l’on sort.
De cécité. C’est le sens du mot sanwérim (voir Yoma 28b).
Du plus petit au plus grand. Ce sont les petits qui avaient commencé à pécher, ainsi qu’il est écrit : « du jeune homme au vieillard » (verset 4). C’est pourquoi, le châtiment commence par eux (Beréchith raba 50, 8).
Les voyageurs dirent à Loth "Quiconque des tiens est encore ici un gendre tes fils tes filles tout ce que tu as dans cette ville fais les sortir d’ici
Rachi (3)
Qui as-tu encore ici. Voici le sens littéral du verset : qui as-tu encore dans cette ville, à part ta femme et tes filles qui sont dans ta maison ?
Un gendre, et tes fils, et tes filles. Si tu as un gendre, ou des fils ou des filles, fais-les sortir d’ici.
Tes fils. Les fils de tes filles mariées. Le midrach explique le mot ‘od (« encore ») comme voulant dire : du moment qu’ils sont capables de telles infamies, comment peux-tu « encore » ouvrir la bouche pour prendre leur défense ? Parce qu’il avait, toute la nuit durant, parlé en leur faveur, de sorte que le mot po (« ici ») est à lire pè (« bouche »).
Loth sortit alla parler à ses gendres époux de ses filles et dit "Venez abandonnez ce lieu car l'Éternel va détruire la cité!" Mais il fut aux yeux de ses gendres comme un homme qui plaisante
Rachi (2)
Ses gendres. Il avait deux filles mariées en ville (Beréchith raba 50).
Qui avaient pris ses filles. Auxquels étaient fiancées celles qui étaient encore à la maison.
Comme l'aube paraissait les envoyés pressèrent Loth en disant "Debout! emmène ta femme et tes deux filles ici présentes si tu ne veux point périr pour les crimes de cette ville "
Rachi (3)
Le pressèrent. Le Targoum le traduit par : « ils firent se hâter ».
Qui se trouvent ici. Dans ta maison, prêtes à être sauvées. Le midrach propose une autre explication, mais tel est le sens réel du texte.
Que tu ne sois détruit. Que tu périsses, comme dans : « jusqu’à ce que disparaisse toute la génération » (Devarim 2, 14), où le Targoum emploie le même mot araméen qu’ici.
Comme il tardait ces hommes le prirent par la main ainsi que sa femme et ses deux filles l'Éternel voulant l'épargner ils l'emmenèrent et le laissèrent hors de la ville
Rachi (2)
Comme il tardait. Afin de sauver ses biens (Beréchith raba 50, 11).
Les hommes saisirent. L’un des anges avait pour mission de le sauver, et l’autre celle de détruire Sedom. C’est pourquoi il est écrit au verset suivant : « il lui dit : sauve ta vie », et non pas : « ils lui dirent » (ibid.).
Lorsqu'ils les eurent conduits dehors l'un d'eux lui dit "Songe à sauver ta vie ne regarde pas en arrière et ne t'arrête pas dans toute cette région fuis vers la montagne de crainte de périr "
Rachi (5)
Sauve ta vie. Qu’il te suffise de sauver les vies, ne te préoccupe pas de tes biens.
Ne regarde pas derrière toi. Tu as fait le mal comme eux, et c’est par le mérite d’Avraham que tu es sauvé. Tu ne mérites pas de voir leur châtiment, alors que toi tu as été épargné.
Dans toute la plaine. La plaine du Yardén.
Sauve-toi vers la montagne. Il s’est enfui en direction de chez Avraham, lequel résidait dans la montagne, ainsi qu’il est écrit : « il se transporta de là vers la montagne » (supra 12, 8), et qui y demeurait encore à ce moment-là, ainsi qu’il est écrit : « jusqu’à l’endroit où avait été sa tente la première fois » (supra 13, 3). Et bien qu’il soit écrit : « Avram dressa sa tente... » (supra 13, 18), nous savons qu’il avait beaucoup de tentes et qu’elles s’étendaient jusqu’à ‘Hèvron.
Sauve-toi. C’est l’idée de glisser. Chaque fois que l’on trouve dans le texte le mot himalét, il équivaut au mot français médiéval « esmucier ». De même dans : « elle a été délivrée d’un mâle » (Yecha’ya, 66, 7), où l’embryon s’est glissé (wehimlita) hors du sein maternel. « Notre âme s’est sauvée (nimleta) comme un oiseau » (Tehilim 124, 7), « ils n’ont pu se défaire (malét) du fardeau » (Yecha’ya 46, 2), c’est-à-dire « laisser glisser les excréments qui chargent leurs entrailles », [s’agissant des idoles].
Verset 18
וַיֹּ֥אמֶר ל֖וֹט אֲלֵהֶ֑ם אַל־נָ֖א אֲדֹנָֽי׃
Loth leur répondit "Oh! non mes seigneurs!
Rachi (3)
De grâce, non, Hachem. Nos maîtres ont enseigné (Chevou‘oth 35b) que ce nom est sacré, [comme s’adressant à Dieu]. Il est en effet écrit au verset suivant : « en me conservant la vie ». Il ne peut donc s’appliquer qu’à Celui qui a le pouvoir de faire mourir et de faire vivre. Traduction du Targoum : « de grâce, Hachem ».
De grâce, non. Ne me dites pas d’aller me sauver vers la montagne.
Certes déjà ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux et tu m'as accordé une grande faveur en me conservant la vie mais moi je ne saurais fuir jusque sur la montagne le fléau m'atteindrait auparavant et je mourrais
Rachi (1)
De peur que le mal ne m’atteigne. Lorsque je vivais au sein de la population de Sedom, le Saint béni soit-Il considérait mes actes par rapport à ceux des habitants de la ville. J’apparaissais alors comme un juste, digne d’être sauvé, tandis que lorsque j’arriverai chez un juste, je serai considéré comme un scélérat. C’est ce que dit la femme de Tsarfath à Eliyahou : « tu es venu chez moi pour évoquer mes fautes » (I Melakhim 17, 18) : Avant que tu ne viennes chez moi, le Saint béni soit-Il considérait mes actes par rapport à ceux des gens de mon peuple, et j’apparaissais comme une femme « juste » parmi eux. Mais depuis que tu es venu chez moi, par rapport à tes actes, je ne suis qu’une impie (Beréchith raba 50, 11).
Vois plutôt cette ville ci est assez proche pour que je m'y réfugie et elle est peu importante puissé je donc y fuir vu son peu d'importance et y avoir la vie sauve!"
Rachi (3)
Cette ville-là est proche. Sa création est assez proche. Elle a été fondée il y a peu de temps, de sorte que son péché n’a pas encore atteint son comble (Chabath 10b). Et à quand remonte cette création si récente ? A la dispersion de la tour de Bavel, quand les hommes ont été éparpillés et ont commencé de s’installer chacun en son lieu. C’était l’année de la mort de Pèlèg, soit cinquante-deux ans plus tôt, étant donné que Pèlèg est mort dans la quarante-huitième année d’Avraham. Comment cela ? Pèlèg a vécu deux cent neuf ans après avoir engendré Reou (supra 11, 19). Si l’on en déduit trente-deux ans jusqu’à la naissance de Seroug (verset 20), et trente ans de Seroug jusqu’à la naissance de Na‘hor (verset 22), soit au total soixante-deux ans, plus vingt-neuf ans de Na‘hor jusqu’à la naissance de Tèra‘h (verset 24), cela donne quatre-vingt-onze ans. De là jusqu’à la naissance d’Avraham, soixante-dix ans (verset 26), ce qui donne cent soixante et un ans. Ajoutons les quarante-huit ans [correspondant à l’âge d’Avraham à la mort de Pèlèg], cela donne deux cent neuf ans, et cette année avait été celle de la dispersion. A la destruction de Sedom, Avraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans. Cinquante-deux ans s’étaient donc écoulés depuis la dispersion. Tso‘ar a été fondée une année seulement après Sedom et les autres villes, ainsi qu’il est écrit : imalta na (« je voudrais me sauver, de grâce »). Na (« de grâce ») a pour valeur numérique cinquante et un.
Et elle est petite. Ses fautes sont en petit nombre, de sorte que tu peux l’épargner. Telle est l’explication du midrach.
Mon âme vivra. Voici le sens littéral : N’est-ce pas une petite ville avec peu d’habitants ? Tu n’as pas besoin d’être sévère, tu peux l’épargner, et que mon âme y reste en vie !
II lui répondit "Eh bien! je te favoriserai encore en ceci en ne bouleversant point la ville dont tu parles
Rachi (2)
En cette chose aussi. Non seulement tu seras sauvé, mais je sauverai également toute la ville à cause de toi.
De ne pas détruire. Dans le mot hofri (« détruire »), le suffixe en yod désigne le sujet du verbe : « “je” détruis », comme dans : ‘ad boï (« avant que je vienne ») (infra 48, 5). A‘haré roï (« après qu’Il m’a vu ») (supra 16, 13). Middé dabri bo (« plus j’en parle ») (Yirmeya, 31, 20).
Hâte toi cours y! car je ne puis agir que tu n'y sois arrivé " Voilà pourquoi l'on a appelé cette ville Çoar
Rachi (3)
Car je ne pourrai rien faire. C’est la punition infligée aux anges pour avoir dit : « car nous allons détruire » (verset 13), comme si cela dépendait d’eux (Beréchith raba 50, 9). Aussi ont-ils dû convenir, avant de pouvoir partir, qu’ils n’agissaient pas de leur propre pouvoir.
Car je ne pourrai. Au singulier. D’où l’on apprend que l’un d’eux était chargé de détruire, et l’autre de sauver, deux anges n’étant jamais chargés de remplir la même mission.
C’est pourquoi on a appelé le nom de la ville Tso‘ar. Parce qu’elle était petite (mits‘ar) (verset 20).
L'Éternel fit pleuvoir sur Sodome et sur Gommorrhe du soufre et du feu l'Éternel lui même du haut des cieux
Rachi (5)
Et Hachem fit pleuvoir. Toutes les fois qu’il est écrit : « “et” Hachem », il s’agit de Lui et de Son beith din (Beréchith raba 51, 2).
Fit pleuvoir sur Sedom. A l’aube, ainsi qu’il est écrit : « et comme l’aube se levait » (verset 15). A l’heure où la lune est encore dans le ciel alors que le soleil est en train de se lever. Etant donné que certains d’entre eux adoraient le soleil, et d’autres la lune, le Saint béni soit-Il a dit : « Si je les punis le jour, ceux qui adorent la lune diront : “Si cela s’était passé de nuit, sous le règne de la lune, nous n’aurions pas été détruits !” Et si je les punis la nuit, ceux qui adorent le soleil diront : “Si cela s’était passé de jour, sous le règne du soleil, nous n’aurions pas été détruits !” ». C’est pourquoi il est écrit : « comme l’aube paraissait », Dieu les ayant punis à une heure où le soleil et la lune règnent ensemble (Beréchith raba 50, 12).
Hachem fit pleuvoir... du soufre et du feu. D’abord de la pluie, laquelle est devenue soufre et feu.
Venant de Hachem. C’est la manière de s’exprimer de la Tora (Sanhèdrin 38b), comme dans (supra 4, 23) : « Lèmekh dit à ses femmes : ... Femmes de Lèmekh... », et non pas : « mes femmes ! ». De même Dawid : « faites-vous accompagner par les serviteurs de votre maître » (I Melakhim 1, 33), et non : « par mes serviteurs ». De même Assuérus : « au nom du roi » (Esther 8, 8), et non : « en mon nom ». De même ici : « venant de Hachem », et non : « venant de Lui ».
Venant des cieux. C’est ce que dit le verset : « car Il se sert d’eux pour juger les peuples... » (Iyov 36, 31) (Midrach tan‘houma Wayéra 10). Lorsqu’Il vient punir les créatures, Il amène sur elles du feu venant des cieux, comme Il l’a fait à Sedom. Et lorsqu’Il vient faire descendre la manne du ciel, il dit : « je vais faire pleuvoir pour vous une nourriture “céleste” » (Chemoth 16, 4).
II détruisit ces villes toute la plaine tous les habitants de ces villes et la végétation du sol
Rachi (1)
Il ruina ces villes. Elles se trouvaient toutes les quatre, [Sedom, ‘Amora, Adma et Tsevoyim], sur un même rocher (Midrach tan‘houma Wayéra 22), et Il les a retournées de haut en bas, ainsi qu’il est écrit : « Il porte la main sur le granit, et Il remue les montagnes jusqu’à leur racine » (Iyov 28, 9).
La femme de Loth ayant regardé en arrière devint une statue de sel
Rachi (2)
Sa femme regarda en derrière. Derrière Lot.
Elle devint un bloc de sel. C’est par le sel qu’elle avait péché, c’est par le sel qu’elle a été punie. Lot lui avait dit : « donne un peu de sel à nos invités ! », ce à quoi elle avait rétorqué : « Cette vilaine coutume, tu viens la pratiquer ici aussi ! » (Beréchith raba 50, 4).
II considéra l'aspect de Sodome et de Gommorrhe et l'aspect de toute la plaine et il remarqua qu'une exhalaison s'élevait de la terre semblable à la fumée d'une fournaise
Rachi (2)
La fumée. Une colonne de fumée. En français médiéval : « torche ».
D’une fournaise. Un trou creusé où l’on brûle les pierres pour en faire de la chaux. Le mot kivchan (« fournaise ») désigne toujours dans la Tora un four à chaux.
Mais lorsque Dieu détruisit les villes de la plaine il s'était souvenu d'Abraham il avait fait échapper Loth du milieu de la subversion tandis qu'il bouleversait la contrée où avait demeuré Loth
Rachi (1)
Eloqim se souvint d’Avraham. En quoi s’est-Il souvenu d’Avraham ? Il s’en est souvenu au sujet de Lot. Lot savait que Sara était la femme d’Avraham, et il avait entendu Avraham répondre aux Egyptiens qu’elle était « sa sœur ». Pris de pitié pour Avraham, il avait gardé le silence. C’est pourquoi le Saint béni soit-Il a eu à Son tour pitié de lui (Beréchith raba 51, 6).
Elles firent boire du vin à leur père cette même nuit la fille aînée vint partager sa couche et il ne la reconnut point lorsqu'elle se coucha ni lorsqu'elle se leva
Rachi (3)
Elles firent boire. Il s’est trouvé du vin dans la caverne pour leur faire donner naissance à deux nations (Sifri, ‘Eqèv 43).
L’aînée vint, elle coucha avec son père. Tandis qu’il est écrit au sujet de la cadette : « elle se leva, coucha avec lui » (verset 35). Ce n’est pas elle qui a pris l’initiative de se débaucher, mais elle y a été initiée par sa sœur. Aussi texte s’exprime-t-il avec d’indulgence et ne parle-t-il pas ouvertement de son abjection. Tandis que pour l’aînée, qui a été la première, il s’exprime franchement (Bamidbar raba 20, 22).
Lorsqu’elle se leva. Le waw du mot weqouma (« lorsqu’elle se leva ») est surmonté d’un point, [alors qu’il ne l’est pas au verset 35 pour la cadette]. Ce qui veut dire qu’il l’a su lorsque l’aînée s’est levée, mais cela ne l’a pas retenu de boire la nuit suivante (Horayoth 10b, Sifri, Beha’alothekha 69). Rabi Léwi a enseigné : Celui qui se laisse entraîner à la débauche finira par dévorer sa propre chair [en se livrant à l’inceste] (Beréchith raba 51, 9).
Puis le lendemain l'aînée dit à la plus jeune "Voici j'ai partagé hier la couche de mon père enivrons le encore cette nuit tu iras partager son lit et nous recevrons de notre père une postérité "
Elles firent boire cette nuit encore du vin à leur père la cadette se leva vint à ses côtés et il ne la reconnut point lors de son coucher et de son lever
Les deux filles de Loth conçurent du fait de leur père
Rachi (1)
Elles conçurent. Bien qu’une femme ne devienne pas enceinte dès le premier rapport, celles-ci se sont contrôlées, ont exhibé leur nudité et ont conçu au premier rapport (Beréchith raba 51, 9).
La première eut un fils qu'elle appela Moab ce fut le père des Moabites qui subsistent aujourd'hui
Rachi (1)
Moav. Celle qui manquait de pudeur a révélé publiquement que son fils venait de son père (méav), tandis que la cadette lui a attribué un nom plus discret (Baba Qama 38b). Elle a reçu sa récompense à l’époque de Mochè, ainsi qu’il est écrit : « les enfants d’Ammon, ne les attaque pas, ne les provoque pas » (Devarim 2, 19), tandis que Moav, il n’est interdit que de lui faire la guerre, pas de le provoquer (Devarim 2, 9).
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