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Beréchith (Genèse) — chapitre 16

Texte hébreu (avec taamim), traduction française et commentaire de Rachi traduit en français, verset par verset. Sommaire du Houmash.

Verset 1

וְשָׂרַי֙ אֵ֣שֶׁת אַבְרָ֔ם לֹ֥א יָֽלְדָ֖ה ל֑וֹ וְלָ֛הּ שִׁפְחָ֥ה מִצְרִ֖ית וּשְׁמָ֥הּ הָגָֽר׃

Saraï épouse d'Abram ne lui avait pas donné d'enfant Elle avait une esclave égyptienne nommée Agar

Rachi (1)

Une servante égyptienne. Elle était la fille de Pharaon. Lorsque celui-ci a vu les miracles dont avait bénéficié Sara, il s’est dit : « Mieux vaut que ma fille soit servante dans la maison de cet homme, plutôt que maîtresse de la maison d’une autre ! » (Beréchith raba 45, 1).

Verset 2

וַתֹּ֨אמֶר שָׂרַ֜י אֶל־אַבְרָ֗ם הִנֵּה־נָ֞א עֲצָרַ֤נִי יְהוָה֙ מִלֶּ֔דֶת בֹּא־נָא֙ אֶל־שִׁפְחָתִ֔י אוּלַ֥י אִבָּנֶ֖ה מִמֶּ֑נָּה וַיִּשְׁמַ֥ע אַבְרָ֖ם לְק֥וֹל שָׂרָֽי׃

Saraï dit à Abram "Hélas! l'Éternel m'a refusé l'enfantement approche toi donc de mon esclave peut être par elle aurai je un enfant " Abram obéit à la voix de Saraï

Rachi (3)

Peut-être, par elle, aurai-je un enfant (èbanè – littéralement : « je serai construite »). D’où nous apprenons que celui qui n’a pas d’enfant n’est pas « construit », [en ce que son nom ne sera pas perpétué], mais « détruit » (Beréchith raba 45, 2).

Par elle j’aurai un enfant. Par le mérite que je me serai acquis en introduisant ma rivale dans ma maison.

La voix de Saraï. L’esprit saint qui parlait par sa voix.

Verset 3

וַתִּקַּ֞ח שָׂרַ֣י אֵֽשֶׁת־אַבְרָ֗ם אֶת־הָגָ֤ר הַמִּצְרִית֙ שִׁפְחָתָ֔הּ מִקֵּץ֙ עֶ֣שֶׂר שָׁנִ֔ים לְשֶׁ֥בֶת אַבְרָ֖ם בְּאֶ֣רֶץ כְּנָ֑עַן וַתִּתֵּ֥ן אֹתָ֛הּ לְאַבְרָ֥ם אִישָׁ֖הּ ל֥וֹ לְאִשָּֽׁה׃

Saraï épouse d'Abram prit Agar l'Egyptienne son esclave il y avait dix ans qu’Abram demeurait au pays de Canaan et elle la donna à son époux Abram pour qu'elle lui servît de femme

Rachi (3)

Saraï prit. Elle la « prit », [la persuada] par des paroles : « Réjouis-toi du privilège qui sera le tien de t’unir à un homme aussi saint ! » (Beréchith raba 45, 3).

Au bout de dix années. C’est le délai fixé pour une femme restée dix ans sans enfants. Son mari est alors tenu d’épouser une autre femme (Yevamoth 64a, Beréchith raba 45, 3).

De séjour d’Avram. Le texte signale ici que son séjour hors d’Erets Israël ne comptait pas. La promesse : « je te ferai devenir une grande nation » (supra 12, 2) n’a été formulée qu’après son arrivée dans ce pays.

Verset 4

וַיָּבֹ֥א אֶל־הָגָ֖ר וַתַּ֑הַר וַתֵּ֨רֶא֙ כִּ֣י הָרָ֔תָה וַתֵּקַ֥ל גְּבִרְתָּ֖הּ בְּעֵינֶֽיהָ׃

Il s'approcha d'Agar et elle conçut Quand elle vit qu'elle avait conçu sa maîtresse devint l'objet de son dédain

Rachi (2)

Il vint vers Hagar, elle conçut. Dès le premier rapport (Beréchith raba 45, 4).

Sa maîtresse devint méprisée à ses yeux. Elle s’est dit : « Cette Saraï, sa personnalité profonde ne ressemble pas aux apparences extérieures. Elle se donne des airs de femme vertueuse, mais elle n’est pas une femme vertueuse, puisqu’elle n’a pas mérité, toutes ces années, de devenir enceinte, alors que je le suis devenue, moi, dès le premier rapport ! ».

Verset 5

וַתֹּ֨אמֶר שָׂרַ֣י אֶל־אַבְרָם֮ חֲמָסִ֣י עָלֶיךָ֒ אָֽנֹכִ֗י נָתַ֤תִּי שִׁפְחָתִי֙ בְּחֵיקֶ֔ךָ וַתֵּ֨רֶא֙ כִּ֣י הָרָ֔תָה וָֽאֵקַ֖ל בְּעֵינֶ֑יהָ יִשְׁפֹּ֥ט יְהוָ֖ה בֵּינִ֥י וּבֵינֶֽיׄךָ׃

Saraï dit à Abram "Mon injure est la tienne Moi même j'ai placé mon esclave dans tes bras or elle a vu qu'elle avait conçu et je suis devenue méprisable à ses yeux L’Éternel prononcera entre moi et toi "

Rachi (2)

Mon injure (‘hamassi) est la tienne. L’injure qui m’est faite, je t’en ferai subir le châtiment. Quand tu as prié le Saint béni soit-Il, en ces termes : « que me donneras-tu, alors que je m’en vais sans postérité ? » (supra 15, 2), tu n’as prié que pour toi. C’est pour nous deux que tu aurais dû prier, et alors j’aurais été exaucée avec toi (Beréchith raba 45, 5). De plus, tu me frustres (‘homés) de tes paroles, lorsque tu entends l’injure qui m’est faite et que tu te tais !

Moi... entre moi et entre toi. Toutes les fois que l’on trouve dans la Tora le mot beinèkha (« entre toi »), il est écrit dans une forme défective, [avec un seul yod], alors qu’il est écrit ici avec deux yod. On peut donc le lire beinayikh, [comme si Saraï s’adressait à Hagar, et non à Avram]. Saraï a jeté un regard mauvais sur la grossesse de Hagar, laquelle a avorté. C’est pourquoi l’ange dira à Hagar : « Tu “es” enceinte ! » (verset 11). Mais ne l’était-elle pas déjà ? Ce qu’il lui annonce, c’est qu’elle va le devenir, et donc que la première grossesse n’avait pas abouti.

Verset 6

וַיֹּ֨אמֶר אַבְרָ֜ם אֶל־שָׂרַ֗י הִנֵּ֤ה שִׁפְחָתֵךְ֙ בְּיָדֵ֔ךְ עֲשִׂי־לָ֖הּ הַטּ֣וֹב בְּעֵינָ֑יִךְ וַתְּעַנֶּ֣הָ שָׂרַ֔י וַתִּבְרַ֖ח מִפָּנֶֽיהָ׃

Abram dit à Sarai "Voici ton esclave est dans ta main fais lui ce que bon te semble " Sarai l’humilia et elle s’enfuit de devant elle

Rachi (1)

Saraï l’humilia. Elle l’a asservie avec dureté (Beréchith raba 45, 6).

Verset 7

וַֽיִּמְצָאָ֞הּ מַלְאַ֧ךְ יְהוָ֛ה עַל־עֵ֥ין הַמַּ֖יִם בַּמִּדְבָּ֑ר עַל־הָעַ֖יִן בְּדֶ֥רֶךְ שֽׁוּר׃

Un envoyé du Seigneur la trouva près d'une source d'eau dans le désert près de la source sur le chemin de Chour

Verset 8

וַיֹּאמַ֗ר הָגָ֞ר שִׁפְחַ֥ת שָׂרַ֛י אֵֽי־מִזֶּ֥ה בָ֖את וְאָ֣נָה תֵלֵ֑כִי וַתֹּ֕אמֶר מִפְּנֵי֙ שָׂרַ֣י גְּבִרְתִּ֔י אָֽנֹכִ֖י בֹּרַֽחַת׃

Il dit "Agar esclave de Saraï d'où viens tu et où veux tu aller?" Elle répondit "Je fuis de devant Saraï ma maîtresse "

Rachi (1)

D’où viens-tu. Il le savait pourtant ! Mais c’était une manière d’engager la conversation avec elle. Quant à l’expression eï mizè (« d’où »), elle signifie : où est l’endroit dont tu puisses dire : « c’est de là que je viens » ?

Verset 9

וַיֹּ֤אמֶר לָהּ֙ מַלְאַ֣ךְ יְהוָ֔ה שׁ֖וּבִי אֶל־גְּבִרְתֵּ֑ךְ וְהִתְעַנִּ֖י תַּ֥חַת יָדֶֽיהָ׃

L'envoyé du Seigneur lui dit "Retourne chez ta maîtresse et humilie toi sous sa main "

Rachi (1)

L’ange lui dit.... Pour chaque parole [contenue aux versets 9, 10 et 11], un autre ange lui était envoyé. C’est pourquoi le mot « ange » est répété chaque fois (Beréchith raba 45, 7).

Verset 10

וַיֹּ֤אמֶר לָהּ֙ מַלְאַ֣ךְ יְהוָ֔ה הַרְבָּ֥ה אַרְבֶּ֖ה אֶת־זַרְעֵ֑ךְ וְלֹ֥א יִסָּפֵ֖ר מֵרֹֽב׃

L'envoyé du Seigneur ajouta "Je rendrai ta race très nombreuse tellement qu'elle ne pourra être comptée "

Verset 11

וַיֹּ֤אמֶר לָהּ֙ מַלְאַ֣ךְ יְהוָ֔ה הִנָּ֥ךְ הָרָ֖ה וְיֹלַ֣דְתְּ בֵּ֑ן וְקָרָ֤את שְׁמוֹ֙ יִשְׁמָעֵ֔אל כִּֽי־שָׁמַ֥ע יְהוָ֖ה אֶל־עָנְיֵֽךְ׃

L'envoyé du Seigneur lui dit encore "Te voici enceinte et près d'enfanter un fils tu énonceras son nom Ismaël parce que Dieu a entendu ton affliction

Rachi (3)

Tu es enceinte. Lorsque tu reviendras, tu seras enceinte. De même : « tu seras enceinte » (Choftim 13, 7) adressé à la femme de Manoa‘h.

Tu engendreras un fils. Le mot weyoladt (« tu engendreras ») associe grammaticalement le passé (weyaladt) et le participe (weyolèdèth), comme dans : « O toi, qui demeures (yochavt) sur le Liban, qui fixes ton nid (meqounant) sur les cèdres » (Yirmeya 22, 23).

Tu appelleras son nom (weqarath chemo) Yichma‘el. C’est un ordre [adressé à Hagar, et donc au féminin], tout comme au masculin : « tu appelleras son nom (weqaratha eth chemo) Yits‘haq », [ordre qui sera adressé à Avraham] (infra 17, 19).

Verset 12

וְה֤וּא יִֽהְיֶה֙ פֶּ֣רֶא אָדָ֔ם יָד֣וֹ בַכֹּ֔ל וְיַ֥ד כֹּ֖ל בּ֑וֹ וְעַל־פְּנֵ֥י כָל־אֶחָ֖יו יִשְׁכֹּֽן׃

Celui ci sera un onagre parmi les hommes sa main sera contre tous et la main de tous contre lui mais il se maintiendra à la face de tous ses frères "

Rachi (4)

Un homme sauvage. . Aimant les vastes espaces pour y chasser les bêtes sauvages, ainsi qu’il est écrit : « il s’installa dans le désert, il devint tireur d’arc » (infra 21, 20).

Sa main sera contre tous. Il sera un brigand (Beréchith raba 45, 9).

Et la main de tous contre lui. Ils l’auront tous en haine et le combattront.

Et il demeurera à la face de tous ses frères. Il aura une nombreuse descendance.

Verset 13

וַתִּקְרָ֤א שֵׁם־יְהוָה֙ הַדֹּבֵ֣ר אֵלֶ֔יהָ אַתָּ֖ה אֵ֣ל רֳאִ֑י כִּ֣י אָֽמְרָ֗ה הֲגַ֥ם הֲלֹ֛ם רָאִ֖יתִי אַֽחֲרֵ֥י רֹאִֽי׃

Et elle proclama ainsi le nom de l'Éternel qui lui avait parlé "Tu es un Dieu visible!

Rachi (2)

Tu es le Qél de ma vision. Le mot roï (« de ma vision ») est ponctué d’un ‘hataf qamats (« petit qamats »), parce que c’est un substantif. C’est le Dieu de la vision, qui voit les blessures faites aux humiliés (Beréchith raba 45, 10).

N’ai-je pas vu, ici. Elle exprime ici sa surprise. Pouvais-je penser que même ici, dans le désert, je verrais les anges de Dieu, « après en avoir vu » dans la maison d’Avram, où j’avais l’habitude de voir des anges ? Et la preuve qu’elle avait l’habitude d’en voir, c’est que Manoa‘h, lorsqu’il en a vu un pour la première fois, s’est exclamé : « nous sommes morts ! » (Choftim 13, 22), tandis que Hagar en a vu à quatre reprises, sans manifester la moindre frayeur (Beréchith raba 45, 7).

Verset 14

עַל־כֵּן֙ קָרָ֣א לַבְּאֵ֔ר בְּאֵ֥ר לַחַ֖י רֹאִ֑י הִנֵּ֥ה בֵין־קָדֵ֖שׁ וּבֵ֥ין בָּֽרֶד׃

C'est pourquoi on appela cette source "la source du Vivant qui me voit" elle se trouve entre Cadès et Béred

Rachi (1)

Le puits du vivant de ma vision. Traduction du Targoum : « le puits où l’ange vivant m’est apparu ».

Verset 15

וַתֵּ֧לֶד הָגָ֛ר לְאַבְרָ֖ם בֵּ֑ן וַיִּקְרָ֨א אַבְרָ֧ם שֶׁם־בְּנ֛וֹ אֲשֶׁר־יָֽלְדָ֥ה הָגָ֖ר יִשְׁמָעֵֽאל׃

Agar enfanta un fils à Abram et Abram nomma son fils qu'avait enfanté Agar Ismaël

Rachi (1)

Avram appela le nom de son fils. Bien qu’Avram n’ait pas entendu les paroles de l’ange qui avait dit à Hagar : « tu appelleras son nom Yichma‘el » (verset 11), l’esprit saint qui était en lui l’a incité à attribuer ce nom à son fils.

Verset 16

וְאַבְרָ֕ם בֶּן־שְׁמֹנִ֥ים שָׁנָ֖ה וְשֵׁ֣שׁ שָׁנִ֑ים בְּלֶֽדֶת־הָגָ֥ר אֶת־יִשְׁמָעֵ֖אל לְאַבְרָֽם׃

Abram était âgé de quatre vingt six ans lorsque Agar lui enfanta Ismaël

Rachi (1)

Et Avram était âgé de quatre-vingts ans et six ans. Cette phrase est à l’éloge de Yichma‘el : il aura treize ans lorsqu’il se fera circoncire, et il ne s’y opposera pas.

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